VIDEO. Emmanuel Macron en opération déminage au JT de Jean-Pierre Pernaut

POLITIQUE Emmanuel Macron a assuré qu'il entendait «les inquiétudes», notamment des seniors et des ruraux, tout en affichant sa volonté de poursuivre «avec la même force» les réformes malgré les contestations...

T.L.G.

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Emmanuel Macron a tenté d'apaiser les inquiétudes des Français, notamment des retraités et des ruraux, jeudi à 13 heures sur TF1 et LCI.
Emmanuel Macron a tenté d'apaiser les inquiétudes des Français, notamment des retraités et des ruraux, jeudi à 13 heures sur TF1 et LCI. — Yoan Valat/AP/SIPA
  • Emmanuel Macron était l'invité du JT de TF1 ce jeudi.
  • Le président a tenté de calmer «les inquiétudes» des Français.

Opération déminage pour Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat était invité par Jean-Pierre Pernaut au JT de TF1 ce jeudi dans une classe primaire de l’Orne. Pendant une heure, le président de la République a tenté de déminer les «carabistouilles» et d'apaiser les inquiétudes des Français20 Minutes revient sur la communication politique de cette intervention.

1. « Libérer, protéger et unir »

Le macronisme a une nouvelle « devise » : « La philosophie de la politique que nous menons depuis un an ? Libérer, protéger et unir. Nous l’avons portée durant la campagne, nous la mettons en œuvre aujourd’hui », a avancé le président. « Libérer et protéger est le mot d’ordre de tous les libéraux. Il y ajoute cette fois le terme unir car beaucoup de fronts ont récemment été ouverts. Il a tenté de déminer tous les dossiers sociaux du moment », assure Philippe Moreau Chevrolet, spécialiste de communication politique et dirigeant de MCBG Conseil.

« L’interview s’adressait avant tout aux seniors, le coeur de son électorat au second tour et de l’audience du JT de Pernaut. Il a perdu beaucoup de points auprès d’eux avec la hausse de la CSG notamment », poursuit-il.

2. « Je fais ce que je dis »

Face à la colère de certains Français, Emmanuel Macron met en avant ses promesses de campagne. « Je fais ce que j’ai dit. Peut-être qu’on n’était plus habitués ».

« C’est sa ligne de défense : je prends des mesures peu populaires, mais je l’avais annoncé, contrairement aux autres politiques », précise Philippe Moreau Chevrolet. « On retrouve ici un ressort classique de la parole présidentielle, utilisée notamment par Hollande ou Sarkozy. Il est vrai que le président déroule depuis plusieurs mois son programme, ou plutôt son état d’esprit. Car la réforme ferroviaire, si elle ne surprend personne, n’était par exemple pas clairement indiquée », note Bruno Cautrès, chercheur CNRS au CEVIPOF.

3. « There is no alternative »

« Je ne vais pas trop vite dans mes réformes. C’est le monde qui va à toute allure. La France doit s’adapter à ce monde en mouvement », a expliqué le chef de l’Etat. « C’est encore un classique politique : présenter les réformes comme des traitements inélcuctables, inévitables. La France a « perdu trop de temps » et doit être «réparée » comme l’a déjà dit Edouard Philippe », juge Bruno Cautrès. « Il y a des accents thatchériens dans le discours de Macron, avec cette idée que la solution libérale est la seule politique possible pour le pays [ le fameux TINA] et sa volonté d’attirer les syndicats dans un bras de fer, comme l’avait fait Thatcher avec les mineurs », ajoute Philippe Moreau Chevrolet.

4. « Je vous demande de me faire confiance »

Emmanuel Macron assure comprendre « les inquiétudes » qui traversent le pays. « Je n’ai jamais pris un retraité pour un portefeuille », a-t-il déclaré aux seniors inquiets de l’augmentation de la CSG. « J’ai demandé un effort à une partie des retraités. Je leur dis merci ». Il a également rappelé qu’il ne considérait pas les cheminots comme des privilégiés. Mais à chaque fois, le président a affiché sa volonté de poursuivre « avec la même force » les réformes. « On doit aller jusqu’au bout ».

« Le risque pour Emmanuel Macron, c’est de renforcer cette idée qu’il gouverne un peu loin des réalités des Français, qu’il décide de manière verticale », avance Bruno Cautrès. « C’est le pari de Macron : jouer la cohérence et l’autorité plutôt que la sympathie. C’est un pari risqué car lorsque les conflits s’éternisent, ils se radicalisent et ça pourrait finir comme Alain Juppé en 1995. Emmanuel Macron est à un tournant du quinquennat », dit Philippe Moreau Chevrolet.