Edouard Philippe a-t-il laissé une dette de plus d'un million d'euros au Havre après son départ ?

BUDGET Après la fête des 500 ans du Havre, certains prestataires n’auraient jamais été payés…

L.Br.

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Edouard Philippe lors des Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 4 avril 2018.
Edouard Philippe lors des Questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, le 4 avril 2018. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Edouard Philippe, ancien maire du Havre, est cité dans deux enquêtes de Mediapart et du Canard Enchaîné. Les deux médias pointent des surcoûts dans les factures et plus d’un million d’euros d’impayés à l’occasion d’une fête organisée dans la ville.

C’est un anniversaire qui aura coûté cher. A l’occasion des 500 ans du Havre, à l’été 2017, une grande fête est organisée. Edouard Philippe, alors maire et président d’agglomération, préside le groupement « Havre 2017 » et dispose d’une enveloppe de 20 millions d’euros. De l'argent public, en grande partie. Le groupement choisit de confier l’organisation de l’événement à un unique prestataire : Artevia.

Mediapart indique que le choix de ce prestataire ne respecte pas les conditions d’attribution du contrat : l’entreprise n’avait pas eu un chiffre d’affaires de cinq millions d’euros par an en moyenne sur les trois exercices précédents, comme demandé. L’entreprise connaît même des problèmes de trésorerie depuis 2011, d’après le site d’information, bien avant la fête du Havre.

L’Etat d’urgence fait gonfler les dépenses de sécurité

Cette entreprise est placée en redressement judiciaire depuis janvier 2018. Impossible pour Artevia de payer les prestataires qui ont travaillé lors des 500 ans du Havre. Pour eux, ce manque à gagner se chiffre à plus d’un million d’euros.

Après ces révélations, la mairie du Havre a réagi dans un communiqué : « Il ne faut pas mélanger les difficultés de gestion d’une entreprise et la gestion de l’argent public, qui a été exemplaire dans cette opération. Le contrat avec le groupement qui a organisé l’événement a été passé conformément au droit des marchés publics et en toute transparence. Le groupement présenté par Artevia fournissait les garanties nécessaires ».

En parallèle, le Canard enchaîné révèle un dépassement de budget de plus de 6 %, soit plus d’1,2 million d’euros. Une dépense liée aux surcoûts de sécurité, comme le reconnaît le nouveau maire, Luc Lemonnier, qui évoque un « dépassement du budget lié à l’instauration de l’état d’urgence ». Contacté par Mediapart, Edouard Philippe n’a pas souhaité commenter ces révélations.