Les cinq «commandements» de François Hollande à Emmanuel Macron

POLITIQUE L'ancien président sort ce mercredi son ouvrage «Les leçons du pouvoir»...

T.L.G.

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Photomontage. Sur une photo de "Les Dix commandements : Photo Cecil B. DeMille"
Photomontage. Sur une photo de "Les Dix commandements : Photo Cecil B. DeMille" — Sur une photo de
  • François Hollande publie ce mercredi un ouvrage intitulé «Les leçons du pouvoir».
  • L'ancien chef de l'Etat règle ses comptes avec Emmanuel Macron.

Comme disait l'autre, « ces deux-là ne passeront pas leurs vacances ensemble ». François Hollande revient dans le débat politique en publiant ce mercredi un ouvrage intitulé Les leçons du pouvoir (Stock). Il a commencé a assuré le service après-vente mardi soir  au JT de 20 heures sur France 2. Le dispositif se poursuit ce mercredi avec une interview à L'Obs avant d’être invité jeudi dans la matinale de France Inter et le soir dans C’est à vous sur France 5. Depuis mardi, l’ancien chef de l’Etat règle notamment ses comptes avec Emmanuel Macron. 20 Minutes revient sur les cinq « commandements » de Hollande à son successeur.

« Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain »

Avec le recul, François Hollande porte un regard amer sur les ambitions d’Emmanuel Macron. Il écrit sur son arrivée en 2011: « Je remarque qu’il abandonne un salaire mirobolant chez Rothschild pour un traitement dix fois moindre auprès de moi, ce qui plaide en sa faveur. Mais peut-être ce sacrifice était-il aussi un investissement d’avenir ».

Quand ses proches l’alertent face à l’omniprésence du ministre de l’Economie dans les médias, il élude. « Je fais confiance. C’est un principe. La méfiance fait perdre temps et énergie. Je ne cherche pas à lire les arrières-pensées […] Je n’ai pas cette conception des rapports politiques où il faudrait chaque jour me retourner pour parer des coups de poignard ou vérifier si derrière chaque porte ne s’ourdit pas un complot […] Je crois à la fidélité ».

« Tu ne mentiras point »

François Hollande accuse son protégé de lui avoir menti sur ses ambitions. Ainsi, il ne s’inquiète pas quand Macron lance son mouvement En Marche! en avril 2016. « Devant moi, il proteste de sa bonne foi et de sa fidélité ». L’été suivant, quand les rumeurs sur une déclaration de candidature montent, le chef de l’Etat l’exhorte à démentir. « Sa réponse est nette : il n’y aurait que "de la malveillance". Et il ajoute dans son message : "Mes soutiens diront demain que le 12 [juillet 2016] ne sert ni à démissionner ni à annoncer ma candidature. Grotesque. Bises" ».

Après le meeting de la Mutualité au cours duquel Macron pose les jalons d’une candidature, « il m’assure, imperturbable, qu’il n’a pas "personnalisé" la victoire, laquelle pourrait donc être la mienne. Toujours cette façon de nier l’évidence avec un sourire ». L’ancien président socialiste ajoute : « J’ai toujours admis la compétition politique. Mais je pense qu’elle doit se livrer au grand jour et s’assumer franchement. Convenons que ce ne fut pas le cas ».

« Tu ne tueras point »

Après l’élection présidentielle, François Hollande espère toujours une alliance entre le Parti socialiste et les marcheurs. Trois jours après le scrutin, il reçoit à l’Elysée le futur président pour évoquer les législatives.

« Le PS serait alors un possible allié. Je comprends au fil de nos échanges que son intention est tout autre. La République en marche présentera des candidats partout ou presque. […] Il ne veut pas se concilier avec le PS. Il veut le remplacer […] Il m’annonce qu’il compte nommer une personnalité classée à droite à Matignon et rallier à lui des membres éminents de l’opposition : un pouvoir sans alternance. Débarrassé du PS, il veut désarmer la droite en débauchant ses leaders les moins éloignés de son projet ».

« Tu ne te prosterneras pas devant d’autres dieux »

D’après François Hollande, Emmanuel Macron n’appartient pas à la même chapelle. Il écrit : « Emmanuel Macron ne s’inscrit pas dans l’histoire de la gauche, pas davantage dans celle de la social-démocratie, ni même dans une recomposition qui pourrait préfigurer une coalition progressiste. Il est à son compte. Il a créé une entreprise ; il entend la mener le plus loin possible ».

« Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain »

François Hollande a mal digéré les critiques de l'exécutif sur son bilan. Dans L’Obs, il donne sa vérité : « Un président travaille toujours pour son successeur et il hérite de son prédécesseur. Les politiques qu’il engage pendant son mandat ont des conséquences qui vont bien au-delà du terme de celui-ci. J’ai laissé la France à Emmanuel Macron dans une situation meilleure que celle que j’avais trouvée. Il y a d’ailleurs pris sa part ».