«J’aurais pu battre Macron, mais je ne l’ai pas voulu», lance Hollande sur France 2

POLITIQUE L'ancien chef de l'Etat a évoqué sur France 2 comme un « sacrifice » sa décision de ne pas se représenter en 2017...

M.C.

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François Hollande sur France 2, le 10 avril 2018.
François Hollande sur France 2, le 10 avril 2018. — France 2

François Hollande continue à dérouler son plan médias. Invité mardi soir sur le plateau du Journal de 20H de France 2, l’ancien chef de l’Etat a évoqué plusieurs points de son livre à paraître Les leçons du pouvoir, dans lequel il dresse son propre bilan et égratigne son successeur, accusé de « creuser les inégalités » et mis en garde contre « un excès d’assurance ». François Hollande a aussi qualifié de « sacrifice » sa décision de ne pas se représenter en 2017.

« C’est douloureux mais c’était mon devoir, raconte l’ancien président. Les raisons qui m’ont conduit à ne pas être candidat étaient politiques : une gauche divisée, la candidature d’Emmanuel Macron déclarée, et une droite qui était assurée, disait-on, d’être au second tour avec l’extrême droite. »

« Aujourd’hui on aurait un président qui mènerait une politique encore plus dure »

« Le choix, poursuit-il, aurait été de voter pour la droite dure ou pour l’extrême droite menaçante. J’ai fait ce sacrifice en connaissance de cause. J’aurais pu mettre mon intérêt personnel, avoir cette obsession d’être candidat pour être candidat quelles que soient les conséquences. Mais j’ai pensé, parce que j’étais président de la République, que j’avais un devoir supérieur. »

« Vous auriez pu le battre ? », lui demande alors la journaliste Anne-Sophie Lapix. « J’aurais pu mais je ne l’ai pas voulu, répond du tac au tac François Hollande. Qu’est-ce que ça aurait donné ? Ce n’est pas moi qui aurais gagné, ce n’est pas lui qui aurait gagné, et aujourd’hui on aurait un président de la République qui mènerait une politique encore plus dure que celle qui est menée aujourd’hui. »

Interrogé sur une éventuelle candidature à la présidentielle à l’avenir, il répond : « Aujourd’hui je ne poursuis aucun intérêt partisan ni aucune ambition électorale. Je suis aujourd’hui un citoyen mais pas un citoyen comme les autres. Je suis un ancien président et ce livre est pour éclairer ce qu’est la présidence de la République, dans un contexte extrêmement lourd où j’ai pris des décisions qui je crois, ont servi notre pays. »