François Bayrou, le maire de Pau.
François Bayrou, le maire de Pau. — SIPA

REFORME

VIDEO. Réforme des institutions: Bayrou veut plus de proportionnelle et un durcissement du non-cumul

Le président du MoDem a estimé que le calendrier pour la réforme des institutions, pour laquelle le gouvernement se donne jusqu’à 2019, laissait le temps d’amender le projet…

Il ne s’était pas exprimé depuis un moment. Le président du MoDem François Bayrou a estimé ce dimanche que le glissement de calendrier pour la réforme des institutions, pour laquelle le gouvernement se donne jusqu’à 2019, laissait le temps d’amender le projet sur deux points clés : le non-cumul dans le temps et la proportionnelle.

« Si le Premier ministre dit 2019, c’est qu’il anticipe des évolutions », a déclaré le maire de Pau sur BFMTV, jugeant que « le référendum est une possibilité si on se trouve en situation de blocage » face au Sénat.

Par ailleurs, il a estimé que le gouvernement s’était donné un moyen de pression sur le Sénat en évoquant, par la voix d’Edouard Philippe dans un entretien au Parisien de dimanche, « la question de savoir comment on élit les sénateurs ».

« On a sacrifié une partie importante de la réforme » sur le non-cumul dans le temps

« La promesse (de campagne d’Emmanuel Macron), c’était au bout de 3 mandats ça s’appliquera », a rappelé François Bayrou, « or là par un tour de prestidigitation, passe-passe, escamotage, ça s’appliquerait en 2032 ou 2037, et tout ça a été fait pour essayer de séduire le groupe LR du Sénat (…) et ça ne marchera pas », a-t-il déploré.

Selon lui, « on a sacrifié une partie importante de la réforme pour avoir leur accord et au bout du chemin on n’aura pas leur accord et on n’aura plus la réforme ». « Je ne peux pas accepter ce qui est en train de se tramer, (…) pour moi il y a là un manquement absolu à la promesse faite et il ne faut pas l’accepter », a-t-il ajouté.

La dose de proportionnelle retenue « très insuffisante »

Quant à la dose de proportionnelle retenue pour les législatives, François Bayrou l’a jugée très insuffisante. « 15 % de proportionnelle ça veut dire 60 sièges », a-t-il analysé.

« Si on a simplement ces applications-là les grosses écuries vont en prendre 35, 40, il va rester 20 sièges sur 400 à se partager entre les minoritaires (…) vous voyez bien que c’est dérisoire ».