Congrès PS: Olivier Faure, pour relever «le grand cadavre à la renverse»

REPORTAGE Le nouveau patron du PS a rappelé que le parti à la rose n'était pas mort...

Thibaut Le Gal
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Olivier Faure au congrès d'Aubervilliers.
Olivier Faure au congrès d'Aubervilliers. — Thibault Camus/AP/SIPA
  • Le Parti socialiste s'est réuni en congrès ce week-end au nord de Paris.
  • Le nouveau patron socialiste, Olivier Faure, a affirmé que le PS était bien vivant.

A Aubervilliers, les chrysanthèmes n’ont pas encore remplacé les roses. s’est réuni en   ce week-end au nord de Paris pour prouver qu’il bouge encore. Au diable les croque-morts, élus et militants   défendaient d’une voix ce dimanche cette idée : « la renaissance » de leur parti.



« Le PS n’est pas près de mourir. On était dans le creux de la vague. Passer de presque 300 députés à 30 a été difficile, mais nous sommes justement là pour relever le parti, le redynamiser », lâche Jean, la soixantaine, venu de Bretagne. « Aujourd’hui, ce n’est pas la mort du PS, mais bien sa renaissance. »

« Dix-huit mois d’hémorragie, on n’en sort pas indemne. Ça déstabilise même les vieux militants comme moi », souffle Jean-Marc, encarté depuis 1976. « Mais le PS, c’est une histoire, on ne l’efface pas comme ça. » Marie-Edith, socialiste depuis toujours : « La renaissance est un beau mot. Nous ne sommes pas morts, disons que nous avons fait une pause… J’attends du nouveau premier secrétaire qu’il donne une forte impulsion, qu’il entretienne notre motivation. »

« Le point de départ d’une renaissance »

Voilà la tâche ardue  : redonner du souffle à un parti moribond. A la tribune, ses premiers mots chassent les oiseaux de mauvais augure. « Une fois encore, nous sommes décrits comme ce grand cadavre à la renverse, dont Jean-Paul Sartre parlait déjà il y a soixante ans, promis à une extinction lente mais assurée. La France manque de médecins mais la presse, elle, ne manque pas de légistes… »

Le nouveau patron du PS reconnaît que son camp vit « l’une des périodes les plus éprouvantes » de son histoire et qualifie ses derniers députés de « rescapés ». Alors, pour mobiliser, le député de Seine-et-Marne convoque les ancêtres, Michel Rocard et Henri Emmanuelli, « deux de nos aînés qui ont rejoint les forces de l’esprit », et en appelle aux grandes dates, le congrès d’Epinay de 1971.

 « C’était il y a quarante-sept ans, à quelques kilomètres d’ici. Déjà on nous voyait plus morts que vifs. Ce congrès autour de François Mitterrand fut celui d’un nouveau cycle. Il arrivait après tant d’échecs et de défaites. Il fut le point de départ d’une renaissance pour ceux qui n’en pouvaient déjà plus d’attendre et d’espérer. »
 

« La foi en l’avenir des socialistes »

A plusieurs reprises, Olivier Faure en appelle de manière quasi religieuse à l’espérance et évoque la « foi en l’avenir des socialistes ». Mais ces derniers se sont-ils choisi un bon prophète ? Pendant plus d’une heure trente, le patron du PS peine à haranguer la foule, avale les mots, dans l’empressement de ceux qui souhaitent en finir vite. « Ce n’est pas un très bon orateur, mais c’était un beau discours. Parfois, l’habit fait le moine, et amène les individus à se révéler », répond Marie-Noëlle Lienemann, sénatrice de l’aile gauche du parti.

François, militant depuis 44 ans au Pays basque, le dit autrement : « Olivier Faure n’a pas la faculté de galvaniser la foule comme savaient le faire Mitterrand ou Emmanuelli. Mais il compense ses difficultés d’élocution par une pensée fulgurante. Il correspond à la situation actuelle, un corps blessé qui est en train de se refaire une santé. » Il ajoute : « Il y a des papes de transition qui ont fait de grands papes. »