Edouard Philippe assure «ne pas avoir de problème» avec les interviews non relues

PRESSE Le Premier ministre réagissait au refus des « Echos » de publier une interview d’Elisabeth Borne jugée trop réécrite…

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe.
Le Premier ministre Edouard Philippe. — VILLARD/SIPA

Edouard Philippe a assuré ce jeudi « ne pas avoir de problème » à accepter des interviews non relues après le refus du journal les Echos de publier une interview d’Elisabeth Borne jugée trop réécrite par Matignon.

« Il n’y a pas très longtemps, j’ai fait une interview à la Voix du Nord, il n’y a pas eu de relecture parce que la Voix du Nord s’était insurgée contre cette tradition ou cet usage. Moi je n’ai pas de problème avec ça, j’ai répondu aux questions de la Voix du Nord », a fait valoir le Premier ministre, invité de la matinale de France Inter.

Une pratique très courante

« Vous remarquerez que je suis ici en direct, que je réponds en direct, qu’il n’y a pas de relecture et c’est très bien ainsi », a-t-il poursuivi sur un ton amusé. Les Echos ont révélé dimanche avoir refusé de publier mi-mars une interview de la ministre des Transports Elisabeth Borne, car le journal économique refusait la version, trop réécrite à ses yeux par Matignon.

« Moi je n’ai aucune critique à formuler aux Echos en la matière », a affirmé le Premier ministre, suscitant l’amusement de ses interviewers qui ont souligné que la critique le visait davantage lui. « C’est un choix parfaitement libre qu’ils font », a poursuivi le Premier ministre. Le refus des Echos est venu nourrir le débat sur une pratique, qui s’est développée depuis une vingtaine d’années, de la relecture voire des amendements d’interviews de politiques ou de grands patrons à la presse écrite.

Les précédents gouvernements aussi

Cet usage se trouve de plus en plus contesté au sein des rédactions, même s’il a aussi des défenseurs au sein de la presse. Ces derniers soulignent qu’elle permet de résumer et de clarifier le propos, tout en évitant des contre-sens et des erreurs factuelles. De fait, Matignon, c’est-à-dire le cabinet d'Edouard Philippe, relit attentivement les interviews des ministres du gouvernement, avec des amendements fréquents, selon des témoignages concordants. Les interviews non relues restent l’exception.

La pratique était également courante chez ses prédécesseurs. Sous Manuel Valls, Matignon avait fait un ajout fameux à une interview aux Echos de la ministre du Travail Myriam El Khomri. Evoquant un possible usage de l’article « 49.3 » de la Constitution pour la réforme du droit du travail, il avait mis le feu aux poudres.