Visé par des menaces de mort, Jean-Luc Mélenchon demande des explications à Gérard Collomb

ENQUETE Un groupuscule d’extrême-droite avait menacé de s’attaquer à Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle…

L.Br.

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Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle, le 29 mars 2017.
Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne présidentielle, le 29 mars 2017. — CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Il aurait aimé être prévenu plus tôt. Jean-Luc Mélenchon a demandé des explications au ministre de l’Intérieur par le biais de son avocat, dans le cadre d’une enquête sur des menaces de mort dont il a fait l’objet pendant la campagne présidentielle.

En juin 2017, les policiers interpellent Logan N., 31 ans, militant d’extrême-droite soupçonné d’apologie du terrorisme, révèle Le Parisien. Admirateur du terroriste norvégien Anders Breivik et des théories d’Adolf Hitler, l’homme a avoué envisager s’en prendre à Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner, à l’époque maire de Forcalquier (Bouches-du-Rhône).

D’après les informations du Parisien, Logan N. faisait partie d’un réseau, en tout une dizaine d’activistes d’extrême droite, qu’il enjoint à poursuivre « le combat » alors qu’il est en prison. Les gendarmes remontent jusqu’à ces neuf jeunes, âgés de 20 à 30 ans, « tous passés par des groupes extrémistes », précise le quotidien. L’un d’eux est même désigné comme l’artificier du groupe.

« J’aurais apprécié être informé ! »

Chez eux, les forces de l’ordre découvrent de nombreuses armes, les ingrédients pour fabriquer du napalm et de fausses cartes d’identité. Le nom de leur groupe ? « OAS », en référence à l’organisation armée secrète, formée par les partisans de l’Algérie française.

Ce n’est qu’à la suite de leur arrestation que Jean-Luc Mélenchon et Christophe Castaner sont tenus au courant de leurs projets. « J’aurais apprécié être informé ! », réagit Mélenchon à l’époque.

Réponse du ministre de l’Intérieur : « les cibles n’étaient pas aussi précises que cela » et « des gens de la DGSI (les services de renseignement intérieur), devaient suivre (Mélenchon) de manière à le protéger ».

En campagne à proximité du lieu de résidence du groupe, Jean-Luc Mélenchon aurait-il dû être prévenu de la situation ? C’est ce que pense son camp, qui demande des explications au ministre de l’Intérieur. « Nous voulons savoir la vérité », fait savoir Juan Branco, l’avocat de Mélenchon sur ce dossier.

Les proches du leader de la France insoumise n’excluent pas de porter plainte si aucune explication n’est donnée par l’Intérieur. Contacté par Le Parisien, le cabinet du ministre n’a pas souhaité réagir.