Comment la messagerie cryptée Telegram s'est imposée dans les échanges au sein du gouvernement

RESEAU Ministres, députés et sénateurs privilégieraient ainsi la messagerie cryptée pour discuter des décisions politiques aux dépens des traditionnels mails et SMS…

H. B.

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Le président de la République Emmanuel Macron.
Le président de la République Emmanuel Macron. — Philippe Wojazer/AP/SIPA

Telegram n’est pas seulement le réseau social préféré des djihadistes. Emmanuel Macron, les ministres de son gouvernement et de nombreux membres de La République en marche (LREM) utilisent régulièrement la messagerie cryptée, rapporte ce jeudi L'Obs.

« Durant la campagne, tout passait par Telegram, c’est devenu très vite le seul canal naturel », explique ainsi un « membre au cœur du réacteur » dans l’hebdomadaire.

« Ça joue dans le fait qu’il y ait peu de couacs entre nous »

Ministres, députés et sénateurs privilégieraient ainsi la messagerie Telegram pour discuter des décisions politiques aux dépens des traditionnels mails et SMS. « Ça joue dans le fait qu’il y ait peu de couacs entre nous », a assuré à L’Obs l’un des conseillers de l’exécutif. Preuve de son succès, même le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer s'y est inscrit le 21 mars.

>> A lire aussi : Telegram, une simple application pour djihadistes?

Certains ministres en seraient même accros, comme le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin. « Sa boucle [son groupe de discussion] est spectaculaire. On peut y poser des questions en direct, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit […] Le ministre y cajole les députés », explique un parlementaire dans l’hebdomadaire.

Aurore Bergé déclare la consulter « des centaines de fois par jour »

La messagerie cryptée aurait également séduit une grande partie des élus de la République en Marche (LREM). Aurore Bergé, porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée, a déclaré la consulter « des centaines de fois par jour ».  Amélie de Montchalin, chef de file des marcheurs à la commission des Finances, est aussi une fidèle adepte du réseau social, précise L’Obs.

D’autres refusent d’utiliser cette application, comme la ministre Agnès Buzyn (Santé) ou Muriel Pénicaud (Travail). « Vous pouvez être sûrs qu’un jour, le contenu de nos boucles sera dans les médias », prévient par ailleurs Richard Ferrand, le patron des députés LREM, lui aussi opposé à ce moyen de communication.