Marchés publics: Le maire du Kremlin-Bicêtre en garde à vue dans une affaire de fraude

ENQUETE Jean-Marc Nicolle et sa collaboratrice sont soupçonnés d’avoir favorisé des entreprises pour « l’obtention de plusieurs marchés publics »…

20 Minutes avec AFP
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Jean-Marc Nicolle et sa collaboratrice la plus proche sont placés en garde à vue.
Jean-Marc Nicolle et sa collaboratrice la plus proche sont placés en garde à vue. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Le maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) et sa directrice de cabinet, soupçonnés d’être impliqués dans une affaire d’attribution frauduleuse de marchés publics, ont été placés en garde à vue ce mercredi.

Jean-Marc Nicolle (MRC), qui dirige cette ville de proche banlieue parisienne depuis 2016, et sa collaboratrice ont été interpellés en fin de matinée. Ils sont soupçonnés d’avoir « favorisé des entreprises » pour l’obtention « de plusieurs marchés publics », a précisé le parquet.

La police judiciaire du Val-de-Marne avait déjà effectué des perquisitions en mairie et au domicile de Jean-Marc Nicolle en mai. Ces investigations avaient provoqué l’ouverture d’une information judiciaire en novembre. Le juge d’instruction qui dirige l’enquête travaille sur des faits de corruption active et passive, trafic d’influence, abus de confiance, blanchiment, faux et usage de faux, abus de biens sociaux et recel d’abus de biens sociaux, selon le parquet.

Petit outillage et dépenses de communication

La mairie du Kremlin-Bicêtre est la seule de France à être dirigée par le Mouvement républicain et citoyen (MRC), parti de gauche fondé par Jean-Pierre Chevènement. En mars 2017, la chambre régionale des comptes d’Ile-de-France avait déjà pointé dans un rapport des irrégularités dans la gestion du Kremlin-Bicêtre sur la période 2009-2015, pendant le mandat du prédécesseur de Jean-Marc Nicolle.

« Des pans entiers des achats courants ont été effectués hors marchés, au coup par coup, alors que les montants en jeu auraient justifié une mise en concurrence », notait l’organe de contrôle. Cela concernait notamment des « dépenses d’alimentation, des produits d’entretien et de petit outillage, des dépenses de communication », avait-elle précisé.