VIDEO. Stéphane Gatignon, maire de Sevran, démissionne pour protester contre «l'abandon» des banlieues

DESENCHANTE Le maire de Sevran, en Seine-Saint-Denis, a annoncé sa décision lors du conseil municipal ce mardi...

L.Br.

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Stéphane Gatignon, lors du meeting des Ecologistes! à Paris, le 26 mars 2016.
Stéphane Gatignon, lors du meeting des Ecologistes! à Paris, le 26 mars 2016. — MIGUEL MEDINA / AFP

Maire de Sevran en Seine-Saint-Denis depuis 17 ans, Stéphane Gatignon a  annoncé sa démission ce mardi soir face à son conseil municipal. Ce maire de l’une des communes les plus pauvres du département a expliqué ce choix un peu plus tôt dans la journée dans les colonnes du Monde.

A force de se battre pour sa ville de banlieue, Stéphane Gatignon confie qu’il « fatigue, perd le jus » face à ce qu’il perçoit comme un manque de volonté politique des « gouvernements successifs », explique-t-il. « On continue à faire de la banlieue un monde parallèle, structuré comme une société précaire qui ne s’en sort que grâce aux solidarités, à la débrouille, à la démerde. »

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En novembre 2012, Stéphane Gatignon avait propulsé sa ville au cœur de l’actualité en entamant une grève de la faim. Il demandait le remboursement des sommes dues par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, l’ANRU, à la ville de Sevran. « J’avais dit, en y mettant fin au bout de six jours, que je démissionnerai le jour où je n’y croirais plus. Nous y sommes », confie-t-il.

« Borloo est notre dernier espoir »

A Sevran, ville de 50.000 habitants, «plaque tournante de la drogue», « une seule voiture de la BAC après 23 heures », il n’y a pas de place pour les réductions de budget. Le maire militant, qui reconnaît soutenir Emmanuel Macron, demande au gouvernement d’abandonner la limitation du budget de sa ville pour 2018, sinon « on est morts », assure-t-il.

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« Les banlieues sont victimes, et actrices, d’une véritable poussée libérale. Pas parce qu’elles le veulent, mais parce qu’on les a abandonnées », insiste Stéphane Gatignon. « Borloo est notre dernier espoir », dit-il en référence au « plan banlieues » que l’ancien ministre est chargé de rendre au gouvernement dans 15 jours. « Si Macron ne suit pas les préconisations de Borloo, cela veut dire que l’Etat laisse tomber les banlieues et leurs 5,5 millions d’habitants, » déplore-t-il.

Malgré sa démission, l’ancien maire confie sa volonté de rester actif en politique. « Je reste conseiller municipal de Sevran, conseiller territorial, conseiller métropolitain, pour être certain que les projets que j’ai portés aboutissent. »