VIDEO. Qui est Olivier Faure, le nouveau patron du PS, «fils unique de Martine Aubry et François Hollande»?

POLITIQUE Le patron des députés socialistes à l'Assemblée nationale sera intronisé patron du PS lors du congrès du parti ce samedi...

Thibaut Le Gal
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Olivier Faure le 28 Janvier 2018
Olivier Faure le 28 Janvier 2018 — NICOLAS MESSYASZ
  • Olivier Faure est intronisé samedi comme nouveau Secrétaire général du Parti socialiste à l’occasion du congrès du PS qui se tient à Aubervilliers.
  • Le député a été désigné sur une ligne de rassemblement.

Si le Parti socialiste a en encore un avenir, il est désormais entre ses mains. Olivier Faure a largement devancé ses concurrents pour prendre la tête du PS lors d’un vote interne le mois dernier. Les 37.000 militants socialistes ont tranché : le consensus plutôt que la mitraille. Arrivé en deuxième position avec plus de 20 points de retard, Stéphane Le Foll a rendu les armes. C’est samedi que le nouveau patron du PS doit être officiellement intronisé lors du congrès du parti.

« Je ne suis pas socialiste par héritage, je le suis par choix. C’est le choix de ma vie », a lancé le successeur de Jean-Christophe Cambadélis. Si, à 49 ans, le député de Seine-et-Marne a quelques années au compteur, il reconnaît « être une page blanche pour la majorité des Français ». 20 Minutes revient sur son parcours.

Un pur produit du PS

Olivier Faure vient au PS à l’âge des premiers émois. A 17 ans, il s’offre une carte du parti, milite chez les jeunes rocardiens, et n’en sortira plus. Juriste de formation, il est quelque temps dirigeant d’une PME de haute technologie, mais revient vite à la politique. Après un passage à l’Assemblée comme collaborateur du président de la commission des Lois, il devient en 1997, et jusqu’en 2000, conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi.

« Je suis le fils unique de Martine Aubry et François Hollande », dit-il. Il rejoint ce dernier, alors premier secrétaire du PS, comme directeur adjoint de son cabinet de 2000 à 2007. En novembre de cette année-là, il rejoint le secrétariat général du groupe socialiste à l’Assemblée, présidé alors par Jean-Marc Ayrault.

La synthèse molle ?

De François Hollande, Olivier Faure a appris l’art de la conciliation. La synthèse molle, diront ses détracteurs. L’intéressé balaie : « Rassembler, ça ne veut pas dire être dans une synthèse molle, accepter tout et n’importe quoi, ça veut dire simplement faire les pas nécessaires pour que des gens qui en réalité pensent des choses voisines depuis si longtemps puissent se retrouver ». Entre frondeurs et légitimistes, le député de Seine-et-Marne se donne le rôle de rassembleur, voire d’équilibriste. Il met aujourd’hui en avant son opposition à la déchéance de nationalité portée par Hollande. Ce flegme lui permet d’être élu président du groupe à l’Assemblée à la fin du quinquennat, grâce au soutien de l’aile gauche.

Face à Macron, le groupe socialiste se dispute ? Là encore, Olivier Faure est choisi pour maintenir l’unité. « C’est un bon président de groupe. Dans l’état de sidération du PS, sa candidature a pu rassurer. Il a dit "la méthode c’est pour plus tard, la question des alliances aussi. L’important est d’abord de se retrouver" », reconnaît le candidat défait Luc Carvounas. « Il était dans une position centrale. Et Le Foll était trop marqué Hollande. C’est ce qui lui a permis de gagner », ajoute l’ancien député vallsiste Philippe Doucet.

A quoi pense Faure ?

Devant le consensus, certains s’interrogent. Quelle ligne porte le nouveau patron du PS ? « Si vous avez des informations sur la ligne Faure, appelez-moi », lâche un député. « Il a fait des additions derrière sa motion, mais si l’on regarde bien on remarque que ce sont plus des ralliements de posture que des ralliements idéologiques », poursuit le parlementaire.

Auprès de l’AFP, un élu de gauche juge l’individu « sympathique mais politiquement transparent ». A l’aile gauche du PS, on affirme ne pas savoir ce que le nouveau patron de Solfé pense « sur rien ». « Avec Faure, on ne renverse pas la table », ironise l’ancien député vallsiste Philippe Doucet. « On est sur une ligne sociale-démocrate, une gauche de réforme. D’ailleurs le vote a permis de trancher, avec le score de Le Foll, on voit bien que 75 % des socialistes sont sur cette ligne. »

Et les attaques sur le manque de charisme du nouveau patron, pas très à l’aise lors du débat télévisé ? « On a besoin d’une autorité sereine », lâche Doucet. « Quand vous êtes premier secrétaire PS vous passez à la télé. Maintenant, il passera et pourra s’améliorer. »