Pourquoi Nicolas Sarkozy fait toujours l'objet d'un soutien indéfectible

POLITIQUE La droite fait bloc autour de Nicolas Sarkozy, mis en cause dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007...

T.L.G.

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Nicolas Sarkozy, à Paris, le 6 novembre 2017.
Nicolas Sarkozy, à Paris, le 6 novembre 2017. — Christophe Petit Tesson/AP/SIPA
  • Nicolas Sarkozy est mis en cause dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.
  • Une fois encore, la droite fait bloc derrière l'ancien chef de l'Etat.

Une certaine idée de l’union sacrée. Nicolas Sarkozy a passé son deuxième jour de garde à vue, ce mercredi, dans le cadre de l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Une fois encore, la droite a fait bloc, comme un seul homme, derrière l’ancien président de la République. « Nous assurons Nicolas Sarkozy de toute l’amitié, le soutien et l’affection du groupe LR, unanime, dans ce moment qui est assez surréaliste. Onze ans après, c’est de l’acharnement », a dénoncé le patron du groupe LR à l’Assemblée, Christian Jacob.

« La justice ne gagne rien à être spectaculaire », a estimé le pourtant-pas-très-sarkozyste Jean-Pierre Raffarin, ajoutant qu'« on n’est pas obligé de donner le sentiment de vouloir humilier » les gens « pour les juger » sur franceinfo. A chaque mésaventure, la droite montre un soutien indéfectible à l’ancien patron de la droite. Personne n’ose véritablement avancer le début d’un soupçon de critique.

« Toucher à Sarkozy entraîne un réflexe de soutien »

L’ancien chef de l’Etat fait figure de vache sacrée. « Il y a une forme de nostalgie inéluctable envers Nicolas Sarkozy à droite, car il reste le dernier à avoir remporté l’élection présidentielle. Il a beaucoup d’attributs du mythe politique, du leader qui a réalisé un exploit, une fulgurante ascension entre 2004 et 2007 », indique Bruno Cautrès, chercheur CNRS au Cevipof. « Toucher à Sarkozy, et surtout à la campagne très réussie de 2007, qui est au cœur de la construction de son mythe, entraîne un réflexe de soutien. C’est d’ailleurs un grand classique de la politique. On parle beaucoup des trahisons mais lorsqu’un membre du clan est attaqué, on fait bloc autour de lui. Souvenons de Cambadélis évoquant le complot après l’arrestation de DSK. »

Chez les militants, c’est la même chose. Sur Twitter, les messages de soutien se multiplient également avec, parfois, un poil de mauvaise foi.

L’ancien maire de Neuilly a toujours entretenu un lien passionnel avec une base militante fièrement acquise à sa cause. Cette base qui, au lendemain de sa défaite à la primaire, déchirait sa carte du parti. « Pour les militants, il a représenté un instant important à un moment où la droite se cherchait un nouveau leader après Jacques Chirac. Comme tout grand politique, il a su nourrir son mythe par son style personnel, son dynamisme, son rapport aux médias en alimentant la machine », indique Bruno Cautrès. « Pour ses partisans, il incarne cette relève de la droite, qui n’a pas à s’excuser d’être de droite, comme il le disait lui-même. »

Il n’y a qu’à lire Frédéric Lefebvre, le premier des apôtres, pour comprendre le lien quasi-mystique qui pouvait se créer avec l’ancien président : « [J’ai perdu] le sens des réalités dans le sillage d’un Sarkozy survolté. Mener Nicolas Sarkozy à l’Elysée était devenu l’objectif de ma vie. Je lui ai tout sacrifié, passionnément, aveuglément, connement. »