Des députés LR montent au créneau contre une possible suppression du quotient familial

PROJET Une mesure qui « pèserait sur les classes moyennes », selon Gilles Lurton…

20 Minutes avec AFP
— 
 le siege de la Caisse Nationale des Allocations Familiales à Paris.
le siege de la Caisse Nationale des Allocations Familiales à Paris. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Une piste LREM de suppression du quotient familial a provoqué mardi un tollé chez les députés LR, y voyant « une ligne rouge », alors que le gouvernement réfléchit à l’ensemble de la politique familiale.

>> A lire aussi : Le quotient familial, une exception française

L’idée de la fin du quotient familial, qui réduit l’impôt sur le revenu des familles imposables avec en contrepartie le versement d’allocations à toutes les familles dès le premier enfant, figure dans un projet de rapport d’une mission d’information parlementaire sur la politique familiale.

« Il s’agit de la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir »

Il devait être présenté mercredi, mais finalement ne devrait pas voir le jour, faute de signature du co-rapporteur Gilles Lurton (LR). L’élu d’Ille-et-Vilaine est monté mardi au créneau contre la piste avancée par l’autre co-rapporteur, Guillaume Chiche (LREM). « Hors de question de laisser passer une telle attaque contre la politique familiale », a tonné le chef de file des députés de droite, Christian Jacob.

>> A lire aussi : Séparations: Pourquoi le parent qui n’a pas la garde des enfants est-il le plus pénalisé financièrement ?

Les nouvelles allocations seraient versées d’après eux en fonction des ressources, ce qui « pèserait sur les classes moyennes », selon Gilles Lurton, critiquant la mesure surgie « au dernier moment ». « Il s’agit de la ligne rouge qu’il ne fallait pas franchir », a-t-il affirmé lors des questions au gouvernement.

« Une transformation structurelle globale pour une politique familiale universelle »

Sans se prononcer sur le fond, Agnès Buzyn a répondu être « particulièrement attachée à la politique familiale » et attendre « avec intérêt » les propositions de la droite. « J’ai laissé une totale liberté aux députés », sans « feuille de route précise » pour cette mission d’information, a précisé à l’AFP la ministre des Solidarités et de la Santé.

>> A lire aussi : "Supprimer le quotient familial serait une folie", avait pévenu Sarkozy

« Il n’est pas question de suppression du quotient familial mais d’une transformation structurelle globale pour une politique familiale universelle qui garantit réellement la dignité des familles », a soutenu Guillaume Chiche. La somme totale dédiée aux familles resterait inchangée, les 12 milliards d’euros consacrés au quotient familial s’additionnant aux 12 mds actuels des allocations familiales pour le versement de la nouvelle aide.

Pour Marine Le Pen, ce serait « le dernier acte de la politique d’abandon des familles »

Gilles Lurton soutenait certaines pistes du rapport comme le versement de la prime à la naissance en amont, « la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle » ou davantage de places en crèche. Selon Christian Jacob, ex-ministre de la Famille, sous le précédent quinquennat « la politique familiale a été mise à mal, ça s’est traduit par une baisse de la natalité ».

Le candidat Emmanuel Macron s'était prononcé pour une augmentation du quotient familial car « raboter à la fois les allocations et le quotient a été un problème ». Une fin du quotient serait le « dernier acte de la politique d’abandon des familles », a tweeté la présidente du FN Marine Le Pen.

Les députés communistes n’y sont « a priori » pas favorables, le quotient étant « un des critères d’équité sociale », selon un de leurs porte-parole, Sébastien Jumel.