CSG, réforme ferroviaire et accusation de harcèlement sexuel… Ce qu’il faut retenir de «L’Emission politique» avec Gérald Darmanin

POLITIQUE Le ministre des Comptes publics était l’invité de France 2 jeudi soir…

O. P.-V.

— 

Gérald Darmanin minsitre des Comptes public à L'Emission politique le 15 mars 2018.
Gérald Darmanin minsitre des Comptes public à L'Emission politique le 15 mars 2018. — France2
  • Gérald Darmanin a détaillé la compensation pour les retraités qui subissent la hausse de la CSG, et la réforme ferroviaire.
  • Le jeune ministre a été confronté à Jean-Marie Le Pen sur le thème de l'immigration.
  • Il s'est justifié sur les accusations de deux femmes à son encontre.

Pas d’annonce en grande pompe, mais beaucoup d’explications. Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a passé deux heures sur le plateau de France 2 jeudi soir, pour L’Emission politique. 20 Minutes condense ce qu’il fallait retenir du passage médiatique de l’un des benjamins du gouvernement, ancien maire de Tourcoing, par ailleurs mis en cause par une femme qui a porté plainte contre lui pour « abus de faiblesse ».

>> A lire aussi : Nicolas Sarkozy aux côtes de Gérald Darmanin jeudi à Tourcoing

 

La réforme ferroviaire au cœur de l’émission

L’intersyndicale des cheminots a annoncé dans la journée une grève au rythme de « deux jours sur cinq » du 3 avril au 28 juin contre la réforme de la SNCF prévue par l’exécutif. Le sujet a donc été mis sur la table dès le début, avec l’intervention d’un syndicaliste et d’une contrôleuse, qui ont accusé le gouvernement de vouloir privatiser la SNCF et toucher à leur statut.

>> A lire aussi : Réforme de la SNCF: « Il y a trop de monde dans les bureaux, et pas assez sur le terrain»

Gérald Darmanin a démenti ces deux affirmations, pour la première, assurant qu’ouverture à la concurrence ne signifiait pas privatisation, et pour la deuxième que « Personne n’a jamais dit que les 50 milliards de dette de la SNCF sont dus au statut des cheminots. On ne touchera pas à votre statut, ce sont les nouveaux entrants qui ne l’auront pas. »

Olivier Besancenot, membre du Nouveau parti anticapitaliste et « postier le plus connu des Français », comme l’a présenté Léa Salamé, a été le premier, en fin d’émission, à désarconner le ministre, revenant notamment sur cette réforme de la SNCF, mais aussi sur la hausse de la CSG pour les retraités et la situation des EHPAD.

 

La taxe d’habitation en moins pour compenser la CSG en hausse

La contribution sociale généralisée justement a été abordée pendant un moment. Des retraités ont manifestés ce jeudi pour demander des mesures en faveur du pouvoir d’achat, afin de compenser la hausse de 1,7% entrée en vigueur au 1er janvier pour les retraites supérieures à 1.200 euros brut par mois.

>> A lire aussi : «Fronde des retraités»: Attention danger pour Emmanuel Macron

« Les Français ont tellement entendu des hommes politiques leur dire que les impôts allaient baisser qu’ils n’y croient pas. C’est l’histoire de Pierre et le Loup », a d’abord dit Gérald Darmanin, avant d’affirmer qu’à « la fin de l’année, ils constateront tous la suppression pour 90 % d’entre eux de la taxe d’habitation », afin de contrebalancer cette hausse de la CSG.

 

Jean-Marie Le Pen, venu parler… immigration

C’était l’invité surprise du programme, quoique le nom avait fuité dans la journée. Moins suprenant encore, le thème abordé par la figure historique du Front nationale : l’immigration en France, qualifié à plusieurs reprises de « déferlement » par Jean-Marie Le Pen, qui vient de publier le premier tome de ses mémoires​, ce qui expliquait sa présence devant le ministre des Comptes publics. « C’est au gouvernement que je veux m’adresser à travers vous », a d’ailleurs justifié l’ancien frontiste.

« Avant même ma naissance, vous parliez déjà de déferlement » migratoire, a ironisé Gérald Darmanin, qui s’est dit « absolument pas d’accord sur le fait de supprimer le droit d’asile ». Et pour illustrer leur rapport différent à ce que Le Pen voit comme des étrangers », le ministre a évoqué son grand-père Moussa Ouakid, harki et algérien, dont il avait amené le portrait.

 

« Je n’ai jamais abusé de personne »

Enfin, c’était l’un des moments attendus, les explications de Gérald Darmanin sur les accusations d’abus de faiblesse et de harcèlement sexuel à son encontre. « Dès le début, j’ai fait confiance à la Justice. […] Moi je respecte la parole des plaignantes, je respecte la présomption d’innocence », a-t-il d’abord dit, ajoutant : « Je crois que les calomnies qui ont été mises sur la place publique gâchent le formidable élan de la libération de la parole des femmes ».

Pour rappel, il a porté plainte pour « dénonciation calomnieuse » début mars, deux semaines après qu’une femme a porté plainte contre lui pour « abus de faiblesse », une enquête préliminaire ayant été ouverte.

Auparavant, une première femme avait accusé le ministre de viol, mais sa plainte a été classée sans suite mi-février, l’enquête n’ayant « pas permis d’établir l’absence de consentement », selon le parquet de Paris. Gérald Darmanin a également porté plainte pour dénonciation calomnieuse.