Les Jeunes avec Macron, fer de lance de la macronie, veulent s'organiser pour durer

JEUNESSE Les Jeunes avec Macron ont organisé samedi leur première convention nationale au pavillon Baltard en région parisienne...

Laure Cometti

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La convention nationale des Jeunes avec Macron le 17 mars 2018 à Nogent-sur-Marne.
La convention nationale des Jeunes avec Macron le 17 mars 2018 à Nogent-sur-Marne. — CHAMUSSY/SIPA
  • Trois ans après leur création, les Jeunes avec Macron se structurent et ont élu une nouvelle direction et fixé leurs objectifs lors d'une convention samedi en région parisienne.
  • Le mouvement, qui revendique 25.000 membres, travaille main dans la main avec le parti présidentiel et le gouvernement.

En juin 2015, quatre vingtenaires enchantés par le ministre de l’Économie lancent les « Jeunes avec Macron », un « collectif » pour promouvoir la loi Macron et vanter la « méthode » du locataire de Bercy. Sacha Houlié, Pierre Person, Florian Humez et Jean Gaborit croyaient en leur champion avant même qu’il ne crée son parti, En marche !, en avril 2016, et se lance dans la course à l’Elysée. Près de trois ans plus tard, les JAM, qui ont organisé samedi leur première convention nationale à Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne), en région parisienne, veulent rester le fer de lance de la macronie.

Emmanuel Macron entouré des quatre cofondateurs des
Emmanuel Macron entouré des quatre cofondateurs des - Matthieu Marquenet/SIPA

 

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Chouchoutés par le gouvernement

Signe de l’importance des JAM, une dizaine de membres du gouvernement ont fait une apparition au pavillon Baltard samedi, dont Florence Parly, Jean-Michel Blanquer, Benjamin Griveaux, Marlène Schiappa, Mounir Mahjoubi et bien sûr Christophe Castaner, patron de La République en marche. Le Premier ministre Édouard Philippe y a passé une tête, devant le millier de participants présents.

Pour Sacha Houlié, député LREM de la Vienne, il ne s’agit pas d’un simple affichage. « Le gouvernement s’est vite rendu compte de l’importance des JAM. À chaque déplacement, chaque ministre est soutenu par des JAM. C’est une base militante fondamentale et ce ne sont pas que des machines à tracter ! Ils participent à l’animation locale en organisant des réunions, en invitant les députés à des conférences ».

Les JAM disposent aussi de relais non négligeables à l’Assemblée et à l’Elysée : une quinzaine de députés LREM ont fait partie du mouvement, dont deux des cofondateurs, Sacha Houlié et Pierre Person, tandis que Florian Humez a été embauché au cabinet de la présidence de l’Assemblée nationale et que Jean Gaborit travaille au service communication de l’Elysée.

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Un vivier pour la macronie

Le mouvement, affilié à LREM depuis février 2018, comptabilise aujourd’hui « 25.000 adhérents répartis en France et dans le monde » (l’adhésion, gratuite, se fait en ligne sur leur site), dont 5.000 nouveaux membres depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Installé dans les locaux de LREM et financé par le parti présidentiel, il emploie un permanent et revendique « des équipes actives et dynamiques dans 92 départements métropolitains et 16 régions au niveau international ». Fort de 56.000 « likes » sur Facebook et près de 40.000 abonnés sur Twitter, les JAM sont loués par Sacha Houlié pour « leur usage des réseaux sociaux, incomparable avec celui des autres organisations de jeunesse, qui le leur envient ».

Pendant la campagne présidentielle, les JAM étaient un vivier de jeunes bénévoles, réactifs et facilement mobilisables via Telegram, toujours présents en nombre aux meetings, affublés d’un t-shirt « helper ». Près d’un an plus tard, les jeunes macronistes sont toujours précieux pour le parti présidentiel qui lancera le 24 mars sa « Grande marche pour l’Europe » et qui prépare déjà les élections municipales de 2020.

« Pédagogie » et « remontées du terrain »

Depuis la rentrée universitaire, LREM a confié aux JAM la mission de devenir une antenne du pouvoir dans les facs et les lycées (les Lycéens avec Macron ont vu le jour en septembre 2017), un terrain sur lequel s’activent d’autres organisations de jeunesse des partis et des syndicats étudiants. « Ce qui est plus difficile depuis que la campagne est finie, c’est que l’intérêt des gens pour la politique a bien diminué », constate Clémentine Dupuy. « Hors campagne, notre rôle est un peu différent. On fait beaucoup de pédagogie sur les réformes du gouvernement, sur Parcoursup,​ et on remonte des informations du terrain, en fonction de nos échanges avec les jeunes ».

Martin Bohmert, délégué général des Jeunes avec Macron à la convention du mouvement le 17 mars 2018.
Martin Bohmert, délégué général des Jeunes avec Macron à la convention du mouvement le 17 mars 2018. - CHAMUSSY/SIPA

À 22 ans, cette étudiante en droit à Lille figure sur la liste (unique) candidate à l’élection de la future direction du mouvement, qui l'a emporté, sans surprise, samedi. À la tête du conseil de 20 membres, un proche des quatre cofondateurs et cadre des JAM a été intronisé, Martin Bohmert, qui devient  délégué général. « J’attends des JAM qu’ils soient autonomes et innovants, qu’ils n’aient pas besoin de nous dans le fonctionnement quotidien », souhaite Sacha Houlié. Pourtant, comme les trois autres cofondateurs, il siège au comité stratégique du mouvement, un organe omnipotent selon les statuts.

Les quatre cofondateurs des Jeunes avec Macron, le 17 mars 2018 lors de la convention nationale du mouvement.
Les quatre cofondateurs des Jeunes avec Macron, le 17 mars 2018 lors de la convention nationale du mouvement. - CHAMUSSY/SIPA