«Rapprochement avec le FN»: Thierry Mariani, membre des Républicains, relance le débat

POLITIQUE Le bureau politique du parti LR doit se pencher ce mardi soir sur les propos de l'ancien ministre LR Thierry Mariani qui veut voir « si un accord ou un rapprochement sont possibles »…

Anne-Laëtitia Béraud

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Illustration de la porte du siège du parti Les Républicains à Paris, le 29 novembre 2016
Illustration de la porte du siège du parti Les Républicains à Paris, le 29 novembre 2016 — BERTRAND GUAY / AFP
  • Dans une interview au Journal du Dimanche, l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy Thierry Mariani (LR) promeut un « rapprochement » avec le Front national au motif que le centre « est parti chez Macron » et que « le FN a évolué ».
  • «Il n'y aura aucune alliance avec le Front national», et les propos de Thierry Mariani sont «isolés», ont martelé lundi les responsables des Républicains.
  • Le bureau politique du parti LR doit se pencher ce lundi soir sur ces propos mais aucune sanction n'est prévue.

 

 

Nouveau coup de boutoir contre le tabou d’une alliance entre la droite « de gouvernement » et l’extrême droite. Thierry Mariani, ancien ministre Les Républicains de Nicolas Sarkozy, promeut un « rapprochement » avec le Front national au motif que le centre « est parti chez Macron » et que « le FN a évolué ». Dans une interview au JDD publiée dimanche, l’ancien LR estime que «   sans alliés, nous allons rester dans l'opposition pour longtemps. Il est temps de renverser la table. » L’élu battu aux dernières législatives avait déjà proposé une alliance avec le FN dans une interview à l’hebdo radical Minute en juin 2017.

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La proposition de Thierry Mariani est « isolée », ont martelé les porte-parole du parti Les Républicains lundi. Gilles Platret a rappelé qu’« il n’y aura aucune alliance avec le Front national et ceux qui prétendent ceci, comme monsieur Mariani, sont des voix isolées qui ont le droit de s’exprimer mais qui ne peuvent parler au nom des Républicains ».

« Parole isolée » selon LR

Seul Maël de Calan, conseiller départemental LR et ancien candidat à la présidence du parti, a formellement demandé lundi une sanction à l’encontre de Thierry Mariani. Sur Twitter, l’ancien candidat estime que LR doit « tirer les conséquences » de cette prise de position lors du bureau politique de ce mardi soir.

D’anciens membres du LR, tendance juppéiste, se sont enfin étonnés que leur ancienne formation n’engage pas de procédure de sanction contre Thierry Mariani… alors que les « Macron-compatibles » ont, eux, été exclus. Sur Twitter, Gilles Boyer, conseiller du Premier ministre Edouard Philippe après avoir conseillé Alain Juppé, a estimé lundi que ce silence révèle « un signe des temps » au sein de LR.

Siphonner les voix du FN

Au sein du parti LR, on juge que les propos de Thierry Mariani représentent une erreur de stratégie, estimant que le parti peut reconquérir un électorat parti au FN sur le modèle de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy. « On ne laissera pas le FN parler seul des sujets comme la sécurité ou l’immigration. Mais s’occuper des préoccupations de leurs électeurs ne signifie faire alliance avec Marine Le Pen », tranche un responsable du parti.

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D’anciens alliés de LR estiment quant à eux que la victoire passera par une « union des droites » théorisée notamment par l’idéologue Patrick Buisson. Les anciens députés UMP Nicolas Dhuicq et Christian Vanneste, ou le conseiller de Paris Charles Beigbeder œuvrent à ce projet dans la plateforme « Les amoureux de la France » ou le réseau « l’Avant-garde ».

Stratégie de la main tendue du FN

Du côté du Front national, arine Le Pen a évoqué dimanche, lors du congrès du parti à Lille, la nécessité de nouer des alliances pour faire gagner le FN. Une stratégie d’alliances que le FN promeut depuis des années pour les élections locales. Aux municipales de 2014, le FN avait ainsi publié une « Charte d’action municipale au service du peuple français», souhaitant être « une main tendue [aux] candidats désireux de servir l’intérêt général et souhaitant coopérer avec le FN et ses représentants à l’échelon municipal ». Le parti avait notamment fait des appels du pied aux candidats et dissidents UMP à Paris, dont Charles Beigbeder.

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Wallerand de Saint-Just, chef de file du FN à ces municipales parisiennes, justifiait auprès de 20 Minutes cette main tendue: « N’oublions pas notre objectif principal, celui de battre la gauche. S’il faut pour cela s’allier avec des candidats UMP ou des gens qui se réclament de l’UMP, alors pourquoi pas. (…) En politique, on n’est pas obligé de s’embrasser sur la bouche 24h sur 24h. »