Front national: Que pensent les militants du changement de nom du parti?

TEMOIGNAGES Les militants du Front national vont découvrir ce dimanche la proposition de Marine Le Pen qui devrait être ensuite adoptée...

Anne-Laëtitia Béraud

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Le Front national après l'annonce des résultats des départementales, le 22 mars 2015.
Le Front national après l'annonce des résultats des départementales, le 22 mars 2015. — BORIS HORVAT / AFP
  • Marine Le Pen, présidente du Front national, va proposer dimanche après-midi un nouveau nom pour la formation française anti-immigration et anti-Europe.
  • Ce nom devra ensuite être validé par les adhérents du FN par un vote par correspondance.
  • Les militants interrogés par 20 Minutes, ne se révèlent pas très enthousiastes mais souhaitent que leur parti puisse attirer de nouveaux électeurs et puisse nouer des alliances électorales afin de gouverner.

Le « Front national » vit ses derniers instants. La présidente Marine Le Pen va annoncer ce dimanche après-midi, lors de son discours de clôture, le nom qu’elle va proposer aux adhérents. Un vote par correspondance sera organisé dans les prochaines semaines, sous contrôle d’huissier. A l’issue du scrutin, -qui devrait prendre environ six semaines - et si une majorité des adhérents l’accepte, le nom choisi par Marine Le Pen sera accepté.

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Parmi les adhérents du FN présents au congrès à Lille, ce changement de nom de la formation cofondée en 1972 par Jean-Marie Le Pen reçoit des avis mitigés. Pas d’enthousiasme, mais une volonté d’être « pragmatique » afin que « le FN réussisse à faire des alliances électorales et qu’il devienne une formation de gouvernement », estime notamment Florian André, 22 ans, membre du Front national jeunesse à Reims.

Selon Jacques Colombier, président du groupe FN à la Région Nouvelle-Aquitaine et nouvellement député européen FN après le décès d’Edouard Ferrand, « l’important, c’est le contenu du parti, pas le changement de nom ». Adhérent depuis 1975 au FN, l’élu estime que les « grandes valeurs du parti, l’identité et la souveraineté » seront conservées malgré ce changement. Il espère enfin que le nom du futur FN permettra « un rapprochement entre nationaux ».

Kevin Diebold, 23 ans, adhérent depuis 2014 dans Bas-Rhin, estime que « l’organisation doit se métamorphoser pour pouvoir gouverner ». Le jeune homme attend avec quelques réserves le nom proposé ce dimanche par Marine Le Pen, mais juge qu’aujourd’hui « le mot FN peut apparaître violent, voire péjoratif ». Il espère que le nom de sa formation politique sera « moderne » afin de séduire de nouveaux électeurs.

« Convaincre les médias qu’on n’est pas affreux ! »

« Un changement de nom, c’est un ravalement de façade pour du renouvellement », explique de son côté Yvan Chichéry, secrétaire départemental du FN du Morbihan. Adhérent depuis 2002, l’homme espère comme d’autres que le changement de nom permettra de « trouver des alliances et convaincre les médias qu’on n’est pas affreux ! ».

Seul le député européen Bruno Gollnisch a confié à 20 Minutes sa franche opposition au changement de nom du parti. « Je ne vois aucune raison pour changer de nom », a-t-il tranché. « Il n’y a de modernité qu’enracinée dans la tradition », a-t-il ajouté.

Changement de nom mais même présidente

Marine Le Pen a annoncé, jeudi, que le changement de nom avait été adopté par une « courte majorité » de militants. Lors du premier jour du congrès du FN, samedi, la direction a annoncé que 52 % des militants s’étaient prononcés en faveur d’un changement de nom. Un chiffre impossible à vérifier puisque le dépouillement des quelque 27.000 questionnaires (sur environ 50.000 envoyés) a été effectué sans contrôle d’un huissier.

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Enfin, si le nom du FN va évoluer, la tête du parti ne change pas. Dimanche, Marine Le Pen, seule candidate à sa succession, a été réélue « à l’unanimité » présidente du mouvement. La direction n’a pas annoncé les chiffres du scrutin, à part les bulletins blancs et nuls correspondants à environ 3 %.