Le 16e congrès du Front national a ouvert ses portes samedi 10 mars 2018 à Lille avec la présence inattendue de l'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon.
Le 16e congrès du Front national a ouvert ses portes samedi 10 mars 2018 à Lille avec la présence inattendue de l'ex-conseiller de Donald Trump Steve Bannon. — AFP

POLITIQUE

VIDEO. Congrès du Front national: Le «showman» et ultra-conservateur américain Steve Bannon galvanise les militants

L'ultra-conservateur américain Steve Bannon, représentant des «nationalistes-populistes», a délivré un discours pour la première journée du Front national réuni en congrès à Lille...

  • Steve Bannon, était présent ce samedi à Lille pour le congrès du Front national.
  • L’ex-conseiller sulfureux de Donald Trump, qui effectue une tournée en Europe, estime que « l’histoire est du côté » des « nationalistes-populistes ».

L’ultra-conservateur Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump limogé en août de la Maison Blanche, a été la tête de gondole du congrès du Front national à Lille ce samedi. L’ancien directeur de campagne du candidat républicain, patron du média d’extrême droite populiste et xénophobe Breitbart News, a délivré un discours d’environ trente-cinq minutes devant plusieurs centaines de militants.

« ​L’axe gauche-droite, c’est une invention des médias et de l’establishment pour nous empêcher d’arriver au pouvoir. L’histoire est de notre côté et nous mènera de victoires en victoires », a-t-il lancé devant un public enthousiaste. Représentant les « nationaux-populistes » face aux « mondialistes », l’homme controversé pour ses liens avec la droite la plus dure aux Etats-Unis a multiplié les conseils aux militants français. « Laissez-les nous appeler racistes, xénophobes, nativistes. Portez-le comme un badge d’honneur, car chaque jour qui passe nous devenons plus forts quand eux s’affaiblissent », a-t-il jugé.

« Vague populiste et nationaliste en Europe »

Actuellement en tournée en Europe, Steve Bannon a dit « vouloir apprendre de la vague populiste et nationaliste en Europe » à l’œuvre selon lui en Allemagne, en Italie, en Pologne, en Autriche ou en Hongrie. Devant Marine Le Pen, il a chaleureusement loué les qualités de Marion Maréchal-Le Pen, qui s’est mise en retrait de la vie politique, la qualifiant de l'« une des personnalités les plus impressionnantes que j’ai rencontrées ».

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La venue de Steve Bannon a globalement réjoui les militants, même si plusieurs ne connaissaient pas l’ancien conseiller de Donald Trump. « C’est une personnalité au discours fructueux car il a réussi la campagne électorale d’un candidat que tout le monde donnait perdant. Et il peut nous aider à appréhender le monde médiatique qui nous est défavorable », estime Florian André, membre du Front national jeunesse à Reims.

Le jeune homme de 22 ans juge cependant que « Steve Bannon est une personnalité sulfureuse qui peut être à double tranchant pour le Front national » car, à la tête d’un média aux relents racistes et antisémites, il pourrait donner une image négative du FN. « Mais des risques, il y en a toujours », ajoute ce militant.

Steve Bannon n’est « pas exactement la définition de la dédiabolisation »

L’invitation de Steve Bannon interroge sur l’opération de « dédiabolisation » menée depuis l’accession de Marine Le Pen à la présidence du parti en 2011. En séance de dédicaces à Paris pour la publication de ses Mémoires, Jean-Marie Le Pen, président d’honneur du FN - fonction qui va être supprimée ce week-end-, a jugé que Steve Bannon n’était « pas exactement la définition de la dédiabolisation ». Une « dédiabolisation » également dans le viseur de Christophe Castaner, porte-parole du gouvernement, qui s’est fendu vendredi d’un message sur Twitter évoquant « le roi des fake news et des suprémacistes blancs ».

Des jugements qu’a balayés ce samedi après-midi Sébastien Chenu, porte-parole du Front national. Il a estimé auprès de 20 Minutes que « bien sûr Steve Bannon est dérangeant et transgressif, mais je ne le considère pas qu’il est raciste. Et je ne dis pas que je suis d’accord avec tout ce qu’il dit aux Etats-Unis ». Ce qui intéresse le porte-parole du FN, selon Sébastien Chenu, « c’est comment il a théorisé son rapport aux élites, aux oligarchies, au pouvoir en place, aux médias et comment il a transformé un candidat honni en président des Etats-Unis »

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« Tout le monde peut apporter au FN. Ce que peut nous apporter Steve Bannon, c’est un schéma tactique pour que l’on puisse gagner », estime de son côté Yvan Chichéry, secrétaire départemental du Morbihan. Et ce militant depuis 2002 d’ajouter : « Il peut nous aider à trouver comment on peut faire des alliances, ou encore comment on peut convaincre les médias que l’on n’est pas affreux ! »