Les partenariats public-privé «abandonnés» pour la construction de prisons et de tribunaux

JUSTICE En décembre, la Cour des comptes avait appelé, dans son rapport annuel, à « renoncer à l’avenir » à ce dispositif...

20 Minutes avec AFP
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Un homme de 35 ans s'échappé ce mardi 6 février de la prison de Rouen.
Un homme de 35 ans s'échappé ce mardi 6 février de la prison de Rouen. — Capture d'écran/Google Street View

Le dispositif était controversé. La ministre de la Justice Nicole Belloubet a annoncé ce vendredi « l’abandon » des partenariats public-privé (PPP) pour les futures constructions de prisons et tribunaux, le jugeant « trop onéreux ».

« Nous avons abandonné ce système. C’est une décision politique car nous considérons que le coût in fine était trop onéreux », a déclaré la ministre sur Franceinfo, alors que 7.000 nouvelles places de prison ont été promises par Emmanuel Macron d’ici la fin du quinquennat, au lieu des 15.000 initialement prévues.

La ministre « très réservée » quant aux PPP

En décembre, la Cour des comptes avait appelé, dans son rapport annuel, à « renoncer à l’avenir » à ce dispositif qui été notamment choisi pour la construction de 14 des 187 établissements prisons de France et du nouveau Palais de justice de Paris, qui doit accueillir ses premières audiences en avril.

En réponse, la garde des Sceaux Nicole Belloubet s’était alors déjà dite « très réservée » quant aux PPP, affirmant qu’aucun nouveau partenariat public-privé n’était prévu « dans les prochaines années ».

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Vendredi, la garde des Sceaux s’est refusée à donner des précisions sur le mode de financement des nouvelles places de prison, renvoyant à la présentation le 11 avril au conseil des ministres de la loi de programmation budgétaire pour la Justice.

Dans son rapport, la Cour des comptes avait particulièrement épinglé le chantier du palais de justice de Paris, né d’un partenariat avec le groupe privé de BTP Bouygues pour un coût global de plus de 2,3 milliards d’euros.

Le recours à ce PPP, « guidé par des considérations budgétaires de court terme, implique des loyers annuels d’un montant moyen de 86 millions d’euros (jusqu’en 2044) qui pèseront fortement sur le budget du ministère de la Justice », selon les magistrats de la rue Cambon.