Formation professionnelle: Muriel Pénicaud lève le voile sur son «big bang»

EMPLOI La ministre du Travail dévoile ce lundi sa réforme de la formation professionnelle, censée donner plus de droits aux salariés...

20 Minutes avec AFP

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Muriel Pénicaud au ministère du Travail le 28 juin 2017.
Muriel Pénicaud au ministère du Travail le 28 juin 2017. — NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Muriel Pénicaud a promis un « big bang ». La ministre du Travail dévoile ce lundi sa réforme de la formation professionnelle, censée donner plus de droits aux salariés, mais aussi simplifier drastiquement le système, au risque de fâcher les partenaires sociaux.

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Les annonces attendues dans la matinée s’inscriront dans un projet de loi destiné à apporter plus de sécurité aux salariés. Il contiendra aussi des volets « apprentissage » et « assurance chômage ». Le texte, prévu mi-avril en conseil des ministres, complétera les ordonnances réformant le Code du travail, entrées en vigueur fin 2017 et qui donnaient plus de souplesse aux entreprises. Le volet « formation professionnelle » va « largement s’appuyer » sur l’accord conclu le 22 février par les syndicats et le patronat, a expliqué Muriel Pénicaud.

Remettre à plat un système d’une « complexité inouïe »

Ce texte, âprement négocié pendant trois mois, contient, entre autres, un renforcement du compte personnel de formation (CPF), qui permettra aux salariés de cumuler davantage d’heures de formation (35 heures au lieu de 24, dans la limite de 400 heures au lieu de 150), une absorption dans le CPF du congé individuel de formation (CIF), un dispositif notamment dédié aux reconversions, un financement spécifique pour le conseil en évolution professionnel (CEP) et une réforme de l’alternance.

Il s’agit d’une « très grande avancée pour développer les droits individuels des salariés et demandeurs d’emploi », a salué Muriel Pénicaud vendredi. Mais pour la ministre, le compte n’y est pas sur la remise à plat du système, d’une « complexité inouïe ». Le gouvernement entend s’attaquer à la « tuyauterie », au « back-office », à « l’organisation du système qui fait que les droits restent fictifs ou deviennent réels », selon son cabinet.

Un « big bang » à « l’effet boomerang » ?

La ministre promet ni plus ni moins qu’un « big bang ». Cette annonce choc a braqué syndicats et patronat. Très amers, certains y ont vu du « mépris ». « Madame la ministre devrait faire attention que son "big bang" ne lui revienne pas comme un boomerang », a prévenu Michel Beaugas (FO).

« Attention » à ne pas se mettre « davantage à travailler sur la tuyauterie que sur le réel des gens », a mis en garde samedi Laurent Berger (CFDT). Les partenaires sociaux avaient choisi de s’inscrire dans la continuité de la réforme de 2014, qui avait créé le CPF et le conseil en évolution professionnelle. La CFDT et le Medef ont insisté sur le fait que le « big bang » n’était « pas dans le document d’orientation du gouvernement » envoyé mi-novembre.