Nice: A deux ans des élections municipales, un clash Estrosi-Ciotti à l’horizon?

CÔTE D'AZUR Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Nice…

Mathilde Frénois et Fabien Binacchi

— 

Christian Estrosi et Eric Ciotti, le 31 janvier 2015 à Nice.
Christian Estrosi et Eric Ciotti, le 31 janvier 2015 à Nice. — BEBERT BRUNO/SIPA

Il a déjà lancé sa campagne. « Bien évidemment » candidat à sa succession lors des municipales prévues en 2020, Christian Estrosi est dans les starting-blocks. Mi-février, il annonçait s'être entouré de sept personnalités niçoises à la mairie, dont la figure LREM Caroline Reverso Meinietti.

>> A lire aussi : Christian Estrosi recrute une figure d'En marche en vue des municipales

Vendredi, il affichait aussi sa complicité avec les ministres Gérard Collomb et Edouard Philippe. Et si le maire LR actuel de Nice Christian Estrosi s’y prend si tôt, à deux ans du scrutin, c’est qu’il risque bien d’affronter son rival, meilleur allié devenu meilleur ennemi, Eric Ciotti.

Issus du même parti politique

« Tout est possible, assure Auguste Verola, député-suppléant d’Eric Ciotti, ne fermant pas la porte à une possible candidature du député des Alpes-Maritimes dans la capitale azuréenne. Il y a des évolutions dans la vie, dans la politique, dans les idées. C’est une évidence. »

Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti a même déclaré dimanche sur BFMTV qu'il «réfléchissait» à une candidature à la mairie de Nice face à Christian Estrosi, issu du même parti politique Les Républicains.

Déjà des sondages

«Je suis profondément attaché à ma ville. Je suis député de Nice, ma circonscription est intégralement dans Nice, je suis né à Nice, je suis issu d'un milieu populaire de Nice. Je veux tout donner pour ma ville, ajoute-t-il. Aujourd'hui, il y a des divergences très fortes qui m'opposent à Christian Estrosi», dont les propos «vont dans le sens» d'Emmanuel Macron, selon lui.

Contactée à propos de ce possible choc entre leaders de la droite azuréenne, l’entourage du marie sortant répond à coups de chiffres et de sondages d’opinion. Selon une étude Ipsos commandée par la ville en février, Christian Estrosi récolterait ainsi 63 % de « bonne opinion », quand Eric Ciotti pointe 10 points derrière avec 53 %.

>> A lire aussi : Nice: Christian Estrosi recrute une figure d'En marche en vue des municipales

« On n’en est pas encore là »

Au petit jeu de la politique-fiction, on peut imaginer une investiture LREM pour Christian Estrosi. Ou une alliance avec la marcheuse Caroline Reverso Meinietti, sa nouvelle conseillère pour la lutte contre les incivilités. « Aujourd’hui, il m’a clairement tendu la main, c’est vrai, reconnaît l’ancienne candidate En marche aux législatives. J’ai accepté avec plaisir et j’apprécie sa manière de fonctionner. »

Jusqu’à rejoindre Christian Estrosi sur une liste ? « De toute manière, ce n’est pas moi qui prendrai ces décisions, ça se fera à un autre niveau que le mien », concède-t-elle. « Le maire sortant a montré une certaine ouverture. Il ne serait de fait pas impossible d’avancer ensemble », avance Enis Sliti, référent départemental LREM.

« Renforcer notre implantation »

Une hypothétique alliance qui redonne de l’espoir à la droite de la droite. « Ça ouvre un espace », se réjouit Olivier Bettati. L’élu CNIP, qui avait totalisé 12 % au second tour des dernières municipales, se représentera « dans tous les cas avec une liste divers droite ».

« On n’en est pas encore là, temporise le vice-président du Front national Paca Philippe Vardon. Nous sommes en train de renforcer notre implantation et faire émerger de nouveaux profils. Mais la tête de liste n’est pas encore envisagée. Le débat se clarifie dans cette ville. Il pourrait bien y avoir une liste Estrosi-En Marche. Et une liste de rassemblement où le FN serait le pilier central. »

« Trop tôt »

La gauche niçoise aussi reste suspendue à la décision d’En Marche. « C’est trop tôt. On attend d’abord le congrès du PS et les élections européennes, dit Paul Cuturello, élu PS à la ville de Nice. On se décidera un an avant l’échéance. » Pour Patrick Allemand aussi, « c’est très tôt » : «Il faut savoir quelle va être la cohésion des Marcheurs, s’ils soutiennent un candidat ou bien Christian Estrosi».

«Il faudrait aussi voir comment le PS va sortir de son congrès et s’il y a une volonté du Parti communiste et des Verts de participer à une coalition. Ce sont des questions posées auxquelles il est encore prématuré de répondre», estime celui qui avait soutenu la candidature d'Emmanuel Macron aux présidentielles.

Il a déjà tenté à deux reprises l’aventure d’une élection municipale. Quand à une troisième tentative : « Dans l’absolu, je ne souhaite pas conduire une liste d’apparatchik. Je réfléchirai en fonction de ce qui bougera dans la société civile. Ce qui va compter, c’est un rassemblement le plus large possible. » Avec ou sans Eric Ciotti en arbitre des débats ? Telle sera la grande question des deux ans de campagne à Nice.