Bretagne: «Députée, ce n’est pas plus dur qu’agricultrice», lance Sandrine Le Feur au Salon de l’agriculture

ASSEMBLEE NATIONALE Maraîchère bio dans le Finistère, Sandrine Le Feur, députée de 26 ans, vient défendre le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation auprès du monde agricole...

Jérôme Gicquel

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Sandrine Le Feur, 26 ans, a été élue députée de la 4e circonscription du Finistère en juin dernier.
Sandrine Le Feur, 26 ans, a été élue députée de la 4e circonscription du Finistère en juin dernier. — DR
  • Maraîchère bio, la députée bretonne Sandrine Le Feur, âgée de 26 ans, parcourt les allées du Salon de l’agriculture toute cette semaine.
  • Elle vient défendre le projet de loi sur l’agriculture et l’alimentation pour lequel elle a été nommée responsable du texte.
  • Quand elle a un peu de temps, l’agricultrice retourne travailler dans son exploitation.

Dans les travées du Salon de l’agriculture, qui se poursuit jusqu’à dimanche à la Porte de Versailles, Sandrine Le Feur se sent un peu comme chez elle. La jeune femme y retrouve le bon goût du terroir et de la ferme qu’elle a partiellement délaissé depuis son élection comme députée de la République en Marche dans la 4e circonscription du Finistère en juin dernier.

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Entre les séances et les réunions au Palais Bourbon, les permanences qu’elle tient à Morlaix, les inaugurations en tout genre et les rencontres sur le marché, l’agricultrice bio trouve tout de même un peu de temps pour aider son compagnon dans leur exploitation agricole à Pleyber-Christ dans le Finistère. « Dès que je peux, je viens travailler à la ferme. Notamment le vendredi soir, j’aime bien tenir le magasin de vente directe. Cela me fait du bien et c’est important de garder le contact avec nos clients », indique la députée de 26 ans.

Malgré son agenda qu’on imagine très rempli, Sandrine Le Feur, maman d’un petit garçon, assure tenir le rythme. « Ce n’est pas plus dur qu’agricultrice. Notamment l’été, quand on est dehors à ramasser des légumes de 7h à 22h ».

Responsable du texte sur l’agriculture et l’alimentation

Loin des champs et de ses terres bretonnes, la députée macroniste s’est fondue « assez simplement » dans son nouveau costume de politique. « J’ai pris rapidement mes marques en m’impliquant naturellement dans les dossiers agricoles et alimentaires que je connais bien », indique la jeune femme, relais du monde rural à l’Assemblée.

Cette semaine, le Salon de l’agriculture lui sert donc de QG pour rencontrer les différents acteurs du monde agricole. « Je connais bien la filière légumes, moins celle de la viande par exemple ». Nommée il y a quelques jours responsable du texte de loi Egalim sur l’agriculture et l’alimentation, la députée profite ainsi du salon pour échanger et convaincre la profession des avancées de ce projet de loi.

Pas le doigt sur la couture du pantalon

Issu des Etats généraux de l’alimentation, le texte final devrait être présenté d’ici la fin mars à l’Assemblée. « L’enjeu est de garantir des prix plus rémunérateurs pour les producteurs en les aidant à négocier les prix à partir de leurs coûts de production », indique la jeune femme. « L’agriculture est à ma connaissance le seul milieu entrepreneurial qui vend à perte ses produits, c’est inconcevable », poursuit-elle.

Toujours en phase avec la politique du Gouvernement, à la différence de certains députés un peu déboussolés, Sandrine Le Feur ne veut pas non plus passer pour une « béni-oui-oui » qui voterait sans sourciller les textes à l’Assemblée. « Je suis plutôt satisfaite car on avance. Après cela ne m’empêche pas d’être d’accord sur tout. J’ai signé fin octobre une tribune pour demander l’interdiction le plus rapidement possible du glyphosate. Et je ne me suis pas fait taper sur les doigts pour autant », indique-t-elle.