VIDEO. Marseille: A deux ans des élections municipales, qui peut succéder à Jean-Claude Gaudin?

MUNICIPALES Les maires viennent de boucler la première partie de leur mandat. A deux ans des élections municipales, «20 Minutes» se demande quelles sont les forces en présence à Marseille…

Mathilde Ceilles

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Jean-Claude Gaudin est maire de Marseille depuis 1995.
Jean-Claude Gaudin est maire de Marseille depuis 1995. — Boris Horvat / AFP
  • Jean-Claude Gaudin ne se représentera pas à la mairie de Marseille
  • A droite, son successeur n'est pas encore désigné
  • Des poids lourds comme Jean-Luc Mélenchon ou Christophe Castaner pourraient se porter candidat. 

Deux ans avant le grand chamboulement. Ce sera une première depuis 1965. En 2020, Jean-Claude Gaudin ne siégera plus au conseil municipal de Marseille, après un quart de siècle passé au poste de maire de la cité phocéenne. Pour occuper le fameux bureau qui donne sur le Vieux-Port, certains s’activent déjà en coulisses. On fait le point.

Quand Gaudin part, les prétendants dansent (et chutent) Il l’a réaffirmé lors de sa dernière cérémonie des vœux à la presse : Jean-Claude Gaudin ne se représentera pas en 2020, ni à la mairie de Marseille, ni à la tête de la Métropole. Mais il s’est bien gardé de désigner un dauphin. « Il y a au conseil municipal plusieurs personnalités, hommes ou femmes, qui ont les qualités nécessaires pour être maire », disait-il alors.

Après avoir un temps privilégié Renaud Muselier, Jean-Claude Gaudin semblait ensuite pencher pour Yves Moraine, avant la défaite de ce dernier aux législatives face à une jeune candidate LREM. L’actuel maire aurait alors indiqué sa préférence pour le sénateur Bruno Gilles, mais ce dernier a dû faire face à d’importants problèmes de santé nécessitant une greffe du cœur. Sans oublier l’actuel premier adjoint de Jean-Claude Gaudin, Dominique Tian, lui aussi emporté par la vague LREM lors des dernières législatives et récemment condamné à trois d'inéligibilité pour blanchiment de fraude fiscale (il a fait appel). Ou encore Martine Vassal, actuelle présidente du conseil départemental. « Chaque fois qu’on m’a désigné un successeur, celui-là n’y arrive pas », lance Jean-Claude Gaudin.

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En découle une véritable interrogation quant au candidat Les Républicains à la mairie en 2020. Si certains privilégient pour l’heure la prudence et la discrétion, Renaud Muselier est, de son côté, sorti du bois pour violemment critiquer Jean-Claude Gaudin. Sur Public Sénat, l’actuel président de la région Paca a déclaré en janvier dernier : « La réalité, c’est que le maire, qui veut imprimer l’image d’un grand maire, montrera à la fin de son mandat qu’il a été un mauvais maire », qui a fait « deux mandats de trop ». Quant à son éventuelle candidature, Renaud Muselier déclarait : « Je ne suis pas candidat (…) je suis président de la région jusqu’en 2021, je compte y rester (…) mais j’ai un programme pour Marseille. On ne peut pas tout avoir dans la vie, et il ne faut pas tout avoir ».

Une alliance Muselier/Ghali ? Sur ce programme, justement, en juillet dernier, La Provence évoquait la possibilité d’une alliance surprenante vue de l’extérieur : celle d’un ticket entre l’élu de droite Renaud Muselier et la sénatrice socialiste Samia Ghali. « Je ne ferme aucune porte, explique-t-elle à 20 Minutes. Dans ma majorité, j’ai des hommes et des femmes de partis différents, je n’ai rien inventé. Avec Renaud Muselier, nous discutons. On se voit régulièrement. On a pas mal de points en commun, une vision commune par rapport à Marseille. On se retrouve à l’essentiel sur ce qui concerne la ville de Marseille, ce qui est le principe d’une candidature… »

Et d’ajouter : « Si demain j’étais candidate, je considère que, aujourd’hui, un parti ne peut gérer à lui tout seul une ville. Il y a une ouverture nécessaire à la société civile ». L’élue des quartiers nord se présentera-t-elle sous les couleurs du PS ? Rien n’est sûr. « Ça fait partie des réflexions », affirme-t-elle. Et de tempérer sur une éventuelle candidature : « Pour le moment, j’observe mais je n’exclus rien. »

L’ombre Mélenchon Il faut dire que, dans d’autres partis, les potentielles têtes de listes sont d’importants personnages politiques pesant lourd sur le plan national. Quand il a décidé de se présenter à la députation à Marseille, Jean-Luc Mélenchon le jurait dans nos colonnes : « A Marseille, on va organiser nos forces. Notre obsession n’est pas la municipalité. Marseille peut produire autre chose que des équipes municipales. Ce sera le point de départ d’un processus de reconquête du grand Sud-Est contre le Front national. »

Six mois plus tard, le discours n’est plus si indifférent à l’échéance municipale. Lors de sa cérémonie des vœux, à Marseille, le député de la quatrième circonscription des Bouches-du-Rhône lançait devant des militants : « On vient me voir tous les jours [pour savoir s’il est candidat]. Alors ? Alors rien du tout, c’est moi qui décide, et personne ne peut me tordre le bras. Il faut d’abord un programme. La première question, c’est qui va faire les listes […]. On est en train de le faire. A Marseille, il y aura des listes insoumises dans tous les quartiers, dans tous les arrondissements. C’est ce travail qu’on est en train de faire. Vous avez le droit et le devoir de gagner vos galons. »

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L’hypothèse Castaner Du côté de la République en Marche, une rumeur bruisse et prend de l’ampleur : celle d’une candidature de Christophe Castaner, actuel patron du mouvement, et secrétaire d’Etat chargé des relations au Parlement. « A Marseille, il nous fait quelqu’un capable d’incarner la ville pour la transformer, estime Corinne Versini, référente départementale LREM. Tout est à faire. Si Christophe Castaner avait l’opportunité de venir, j’adorerais. C’est quelqu’un qui peut incarner le mouvement. J’y suis plus que favorable, mais c’est lui qui décide. En attendant, on fait le travail de terrain. »

Sur France Inter, au début du mois, le principal intéressé a balayé cette hypothèse : « Mon nom circule. J’entends, je l’écoute, mais je ne suis pas candidat ». Le délégué général de la République en marche a estimé que « Marseille fourmille de talents à droite et à gauche ». « Marseille n’a pas besoin de moi », a-t-il ajouté, tout en reconnaissant que « ce serait sûrement un vrai plaisir » de se mesurer à Jean-Luc Mélenchon ou Renaud Muselier.

Ravier, seul candidat connu à ce jour Sur France Bleu, celui qui est désormais le seul sénateur frontiste s’est ouvertement déclaré candidat à la mairie de Marseille. Même s’il n’est plus maire de secteur, la mairie centrale reste, selon ses déclarations, un « objectif prioritaire et unique ».