Qui est Jean-Baptiste Moreau, l'agriculteur-député de la République en Marche?

PORTRAIT Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse de La République en marche et éleveur de vaches accompagnera Emmanuel Macron au Salon de l'Agriculture samedi...

Thibaut Le Gal

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Jean-Baptiste Moreau en juin 2017.
Jean-Baptiste Moreau en juin 2017. — PASCAL LACHENAUD / AFP
  • Jean-Baptiste Moreau est député de la Creuse de La République en marche et éleveur de vaches.
  • Il accompagnera Emmanuel Macron au Salon de l'agriculture samedi.

« Le week-end, je remets mes bottes ! » Au milieu des 700 agriculteurs présents à l’Elysée ce jeudi, Jean-Baptiste Moreau ne détonne pas. Le député de La République en marche est aussi ingénieur agronome et  éleveur de vaches. « J’ai repris l’exploitation familiale d’Aulon en 2006. C’est compliqué à gérer mais mon père me donne encore un coup de main… Il faut d’ailleurs que je diminue un peu le cheptel, que je redescende de 130 à 80-90 bêtes ».

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Le parlementaire de 40 ans a quelque peu délaissé ses limousines pour la politique. Elu sans sourciller dans la Creuse en juin dernier, le natif de Guéret est de tous les dossiers agricoles. Après avoir écouté Emmanuel Macron cajoler ses pairs au Château, le Creusois accompagnera le chef de l’Etat pour l’ouverture du Salon de l'Agriculture samedi.

« Ca va etre chaud on le sait très bien. On s’attend à des manifestations d’humeur… Mais on va expliquer notre politique, qui est parfois mal comprise », souffle-t-il.

Les sujets d’inquiétudes ne manquent pas : accord commercial avec le Mercosur, nouvelle carte des zones défavorisées (éligibles à des aides), interdiction du glyphosate d’ici trois ans, etc.

J’ai trouvé naturellement ma place dans la majorité, grâce aux questions agricoles »

« Proche du PS » mais sans jamais prendre sa carte, Jean-Baptiste Moreau s’intéresse de loin à la politique avant la rencontre avec Macron. C’est le premier des marcheurs, François Patriat qui le repère lors d’un déplacement dans la Creuse. Au salon de l’an passé, le sénateur fait l’intermédiaire. « On a discuté un bon moment, on a mangé ensemble. Et il m’a demandé si je pensais aux investitures pour les législatives. J’ai pris le temps de la réfléxion, d’autant qu’à l’époque, il n’y avait aucune assurance que Macron aille au bout ».

Quelque temps plus tard, le voilà à l’Assemblée. Avec l’écharpe tricolore et déjà, des dossiers brûlants sur la table comme les 157 licenciements chez GM&S. « Le plan a été géré au plus haut sommet de l’Etat. J’aurais préféré que l’entreprise reprenne davantage de salariés, mais cette décision appartenait à l’industriel », évacue Jean-Baptiste Moreau. Se laisser abattre n’est pas le genre du bonhomme : « Je comprends le sentiment de découragement de certains collègues… Moi, non. J’ai trouvé naturellement ma place dans la majorité, grâce aux questions agricoles ».

« Le côté startupers et urbains des députés LREM est une image erronée »

Il faut dire que son profil dénote avec celui de ses collègues. Mais le patron du groupe « Agriculture » à l’Assemblée balaie l’idée d’être la « caution rurale » du mouvement. « Le côté startupers et urbains des députés LREM est une image erronée, propagée par nos adversaires de droite. On est 7 agriculteurs au sein du groupe, et nous avons de nombreux élus de territoires ruraux, qui s’intéressent à ces sujets », plaide-t-il.

Jean-Baptiste Moreau à l'Assemblée.
Jean-Baptiste Moreau à l'Assemblée. - Jacques Witt / Sipa/SIPA

L’élu torpille aussi l’image d’un président déconnecté des territoires ruraux. « C’est un sujet qui l’intéresse beaucoup, il pose les bonnes questions. Il n’a rien à envier à Hollande ou Chirac, que j’ai rencontrés à plusieurs reprises », poursuit Jean-Baptiste Moreau, qui garde des « contacts très réguliers par téléphone, SMS et Télégram » avec le président.

Au début du mois, le député a été désigné rapporteur du très attendu projet de loi Agriculture et Alimentation. « On a commencé les auditions, il y en a une cinquantaines d’ici fin mars, ça va être du travail ». Et un peu de temps en moins pour aller voir ses bêtes.