Le gouvernement veut favoriser l’apprentissage de l’anglais pour booster les exportations françaises

EDUCATION Plusieurs économistes ont alerté sur les carences des exportations françaises, le gouvernement mise notamment sur l’apprentissage de l’anglais pour y remédier…

N.Sa avec AFP

— 

Illustration d'un cours d'anglais dans une école primaire.
Illustration d'un cours d'anglais dans une école primaire. — MYCHELE DANIAU / AFP

Bientôt tous bilingues ? Le Premier ministre Edouard Philippe doit annoncer vendredi dans le Nord des mesures pour relancer les exportations françaises, gros point noir de l’économie nationale, en favorisant notamment l’apprentissage de l’anglais et en instaurant des guichets uniques.

Rendre les tests comme le TOEFL gratuits

Le chef du gouvernement et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian doivent détailler sur le campus de l’Edhec à Croix (Nord) leur stratégie pour redresser le commerce extérieur français, qui a bouclé l’année 2017 avec un déficit commercial de 62,3 milliards d’euros. La présentation portera sur l’accompagnement et le financement à l’export, ainsi que la formation, en particulier l’apprentissage de l’anglais, ont indiqué des sources gouvernementales. Les Français seraient un peu fâchés avec la langue de Shakespeare.

>> A lire aussi : Bonne nouvelle, la croissance du PIB a atteint 1,9% en 2017, selon l'Insee

« On veut aider les Français à mieux parler l’anglais qui est la langue de la mondialisation », ont précisé ces sources. L’Etat devrait ainsi financer une certification internationale en anglais pour les lycéens ou les étudiants afin qu’ils puissent démontrer leurs connaissances lors de la recherche d’un emploi en France, mais aussi à l’étranger.
L’Etat devrait prendre en charge les frais pour les étudiants afin de passer des tests reconnus, comme le TOEFL.

L’économie française « n’est pas un moteur de BMW »

Pour l’accompagnement à l’exportation, Edouard Philippe devrait confirmer une mesure déjà connue : le regroupement des acteurs de l’exportation, l’agence publique Business France et les Chambres de commerce et d’industrie, au sein de guichets uniques placés sous l’autorité des régions en France.
« Un dispositif complètement nouveau qui proposera une offre commune aux entreprises », ont expliqué les sources. Trois régions (Hauts-de-France, Normandie et PACA) devraient d’ailleurs conclure vendredi un accord avec Business France pour la mise en place de ce dispositif.

Quant au financement à l’export, il sera plus orienté vers les PME. Le dispositif sera simplifié « pour se mettre au niveau des principaux concurrents » à l’exportation", ont précisé les sources. Le rôle de la banque publique Bpifrance comme point d’entrée unique en matière de financement public sera notamment renforcé.

Plusieurs économistes ont alerté sur les carences des exportations françaises, mettant notamment l’accent sur un problème d’investissement et de qualité des produits.
En janvier, le chef économiste pour l’Europe de l’agence de notation S & P Global, Jean-Michel Six, avait prévenu que la croissance française, qui a frôlé 2 % l’an dernier, avait atteint son plafond en raison d’un problème d’offre qui l’empêchait d’accélérer.
Michel Six a comparé l’économie française au moteur d’une voiture qui ne peut pas aller plus vite sur l’autoroute. « Ce n’est pas un moteur de BMW », a-t-il ironisé.