SNCF: Castaner évoque un «possible» recours aux ordonnances, l'opposition et les syndicats s'insurgent

REFORME « Oui il faut aller vite et il faut être efficace, les ordonnances sont une des façons » d’y parvenir…

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'un contrôleur de la SNCF, ici auprès d'un TGV en gare de Rennes.
Illustration d'un contrôleur de la SNCF, ici auprès d'un TGV en gare de Rennes. — C. Allain / 20 Minutes

Le secrétaire d’Etat aux Relations avec le Parlement, Christophe Castaner, a indiqué ce jeudi que le recours aux ordonnances était une « possibilité » envisagée par le gouvernement pour réformer la SNCF, jugeant qu'« il faut aller vite » sur ce dossier.

« Bien sûr c’est une possibilité », a-t-il reconnu sur BFMTV et RMC, appelant à « ne pas avoir peur des ordonnances » alors qu'« on les a quelque part diabolisées ».

Un recours aux ordonnances serait « raisonnable »

« Oui il faut aller vite et il faut être efficace, les ordonnances sont une des façons » d’y parvenir, a ajouté le délégué général de LREM, tout en soulignant que « la discussion aujourd’hui n’est pas arrêtée, mais (qu') il faut aller vite ».

Interrogé sur Europe 1 pour savoir si un recours aux ordonnances, évoqué dans la presse, serait « raisonnable », le chef de file des députés LREM Richard Ferrand a répondu de son côté : « En tout cas, ce n’est pas confirmé ».

Il a rappelé que le Premier ministre « va concerter, discuter, regarder quelle est l’ampleur du diagnostic que met en lumière le rapport Spinetta, et ensuite mettre en œuvre un certain nombre de décisions ».

L’opposition s’insurge

Le président LR du Sénat, Gérard Larcher, s’est insurgé contre ce possible recours aux ordonnances, y voyant « un déni de démocratie parlementaire ».

« Les ordonnances sont faites pour répondre à des situations particulières. Si le Parlement n’est pas sollicité pour débattre d’un sujet aussi important pour l’aménagement du territoire, il y aura un déni de démocratie parlementaire. Je le dis clairement, on nous entendra sur ce sujet », a déclaré le président de la Chambre haute sur France Inter.

La CFDT-Cheminots, quatrième syndicat à la SNCF, proposera ce jeudi soir à l’intersyndicale de déposer un « préavis de grève reconductible » pour s’opposer à l’éventualité d’une réforme du ferroviaire par ordonnances, une piste que le gouvernement n’écarte pas.

La CFDT-Cheminots propose un « préavis de grève reconductible »

La fédération CFDT des cheminots « a pris connaissance des menaces du gouvernement visant à réformer le ferroviaire par voie d’ordonnance(s) », écrit-elle dans un communiqué, parlant d’une « provocation inutile au moment même où le devenir du système ferroviaire est interrogé ».

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« En recourant à cette méthode, c’est l’avenir du système ferroviaire, du personnel, de la sécurité, de la qualité du service public rendu aux usagers et notamment la desserte des territoires qui seraient ainsi soustraits à un indispensable débat », ajoute-elle.

Elle dit refuser que « le débat, la concertation et la négociation soient confisqués aux cheminots, aux citoyens et aux parlementaires » et affirme que « cette attaque sans précédent nécessite une réaction immédiate ».