Arras: Qui sont les patriotes de Florian Philippot, l’ex-n°2 du FN?

REPORTAGE A Arras, l’ancien proche conseiller de Marine le Pen organisait, dimanche, le congrès fondateur de son propre parti politique, Les Patriotes…

Mikael Libert

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Arras, le 18 fevrier 2018. Congres fondateur du mouvement politique Les Patriotes de Florian Philippot, ex n°2 du Front national (FN) a Artois Expo.
Arras, le 18 fevrier 2018. Congres fondateur du mouvement politique Les Patriotes de Florian Philippot, ex n°2 du Front national (FN) a Artois Expo. — M.Libert / 20 Minutes
  • L’ex-FN Florian Philippot tenait le congrès fondateur de son parti Les Patriotes.
  • Environ 500 personnes ont assisté à l’événement à Arras, dans le Pas-de-Calais.
  • Des militants contre l’Europe et déçus de Marine le Pen.

Prêcher des convaincus. Toute la journée de dimanche, le centre des congrès d’Arras, dans le Pas-de-Calais, était réservé pour « l’événement fondateur » des Patriotes, parti politique fondé par Florian Philippot après sont départ du Front National (FN), en septembre dernier. Environ 500 personnes, déjà acquises à la cause du chef du nouveau parti, avaient fait le déplacement.

Ambiance kermesse de village

Passées les portes du centre des congrès, on se demande rapidement si l’on ne s’est pas trompé d’adresse. A la place d’un meeting politique, c’est une sorte de kermesse de village qui s’offre aux yeux des arrivants. De nombreux stands, aux couleurs de toutes les régions françaises, occupent une grande partie de l’espace.

La décoration, à grand renfort de guirlandes et ballons tricolores, n’a rien à envier à la plus chouette des foires à la saucisse. Sur l’heure du midi, on mange son casse-croûte sur l’air de Quand la mer monte, chanté par un amuseur à chapeau mou qui se balade entre les tables pour faire participer les convives.

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À l’une de ces tables, Lydie et David, un couple de quinquagénaires, engloutissent un sandwich : « Nous sommes venus exprès de la baie de Somme pour adhérer », annonce Lydie. Ces deux anciens militants du FN ont tourné la page Marine le Pen. « Le FN nous a trahis avec cette histoire d’écu et d’Europe aux dernières élections », lâche David. Négociants en bestiaux, ils souhaitent tous deux une sortie de l’Union européenne. « Les aides de la PAC [ Politique agricole commune] baissent chaque année comme les prix que l’on doit pratiquer. On en a assez de ce système, on veut vivre de notre travail et non pas des aides », s’emporte Lydie.

« Je me sens social souverainiste »

« Je suis là par curiosité, mais aussi parce que je partage les idées de ce mouvement, explique Brian, un étudiant en droit venu spécialement de Nîmes. Je me sens social souverainiste, contre l’Europe et pour la montée de la classe moyenne avec une touche de social ». Le jeune homme, qui ne s’est jamais engagé auprès d’un parti, souhaite adhérer aux Patriotes : « Je pense qu’il faut aimer son pays, lui être reconnaissant en défendant sa culture et sa langue ».

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Patrick, un Parisien de 51 ans, était engagé dans un parti « souverainiste de gauche ». « J’ai apprécié le recentrage républicain engagé par Philippot quand il était au Front. Je n’en peux plus de vivre dans un pays qui n’est pas le mien, regrette-t-il. L’Europe a choisi que n’importe qui pouvait venir en France faire son business. À cause du capitalisme, on a perdu notre savoir-faire français ».

Pour Kévin, 21 ans, la Grande-Bretagne a fait le bon choix en se prononçant pour le Brexit. « Sortir de l’Union européenne va coûter beaucoup d’argent, reconnaît-il. On va se sacrifier pendant 15-20 ans mais on va remonter ensuite. Nous avons la volonté de diriger nous-mêmes notre pays ».

Objectif Européennes

Et si le « Frexit », la sortie de la France de l’Union européenne, est sur toutes les lèvres, le statut de député européen de Florian Philippot ne gêne personne. « Il vaut mieux être un ennemi de l’intérieur que de l’extérieur », assure Kévin. Ce sera d’ailleurs le premier test grandeur nature pour Florian Philippot : « Notre prochain grand rendez-vous, ce sont les Européennes de 2019. D’ici là, nous devons encore travailler pour nous faire connaître ».