Dans une lettre à sa fille Marine, Jean-Marie Le Pen la met en garde contre «une bagarre de rue» s’il n’accède pas au congrès du FN

FRONT NATIONAL « D’excellents militants seraient blessés », prévient le président d’honneur du FN…

H. B.

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Photo de l'ancien leader du FN, Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2017, à Paris.
Photo de l'ancien leader du FN, Jean-Marie Le Pen, le 1er mai 2017, à Paris. — Kamil Zihnioglu/AP/SIPA

La lettre, signée « Ton père » est adressée à « Marine ». Jean-Marie Le Pen a publié ce dimanche dans le JDD puis sur Twitter un courrier destiné à Marine Le Pen, la présidente du Front national, dans lequel il explique tout le mal qu’il pense de la dédiabolisation entreprise par sa fille qui lui a succédé à la tête du Front national.

« La France telle que l’histoire l’a faite se trouve aujourd’hui menacée de disparaître. Ce fait sans précédent nous impose de nous élever au-dessus de nos querelles. Tu portes un nom, Le Pen, et tu diriges un parti, le FN, que le pouvoir vilipende mais qui ont incarné l’espoir du peuple français. Ne va pas gâcher cela », écrit Jean-Marie Le Pen à sa fille.

« Prétendre se dédiaboliser aujourd’hui est en outre une erreur de tactique »

« La politique de dédiabolisation est vaine, illusoire et dangereuse. (…) Prétendre se dédiaboliser aujourd’hui est en outre une erreur de tactique, au moment où les peuples, las d’être trompés par des élites révolutionnaires, se libèrent de la tutelle du politiquement correct, en Amérique, en Autriche et ailleurs en Europe », ajoute Jean-Marie Le Pen.

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Le fondateur du Front national tend toutefois la main à sa fille. « Il te faut maintenant reprendre ce sillon et il faut le faire avec toutes les bonnes volontés et toutes les compétences qui se sont évertuées à le tracer. L’heure est à une grande réconciliation nationale. »

Éviter « une bagarre de rue entre nous » où « d’excellents militants seraient blessés »

Le courrier se veut aussi un brin menaçant lorsque le fondateur du FN évoque notamment sa volonté de se rendre au congrès du FN à Lille, les 10 et 11 mars prochains, où il n’est pas le bienvenu. « Un de tes amis, Monsieur Briois, a fait savoir qu’il m’interdirait de vive force l’entrée du congrès. Si nous descendions à ce niveau de réflexion, ce serait la bagarre de rue entre nous : d’excellents militants seraient blessés. Le Front et son image ne s’en remettraient pas et l’opposition nationale se déconsidérerait sans remède », écrit-il.

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« Je te propose donc de nous retrouver dans les prochains jours pour fixer ensemble une position commune, où tu veux, seuls ou avec des amis. C’est une main que je te tends. Je t’adjure de ne pas la rejeter », conclut Jean-Marie Le Pen.