Les Républicains se dressent contre la fermeture de classes en zones rurales

OPERATION Le parti Les Républicains organise une opération décentralisée ce vendredi pour protester contre les fermetures de classes en zones rurales et péri-urbaines…

Anne-Laëtitia Béraud

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Illustration d'une enfant dans une classe d'école primaire.
Illustration d'une enfant dans une classe d'école primaire. — FRED TANNEAU / AFP
  • Le parti Les Républicains organise ce vendredi une opération décentralisée pour protester contre les fermetures de classes en zones rurales et périurbaines.
  • Ces fermetures découlent, selon le parti, du dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaires.
  • Selon le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, ces critiques sont infondées car les moyens alloués aux territoires ruraux ne reflètent pas la baisse de la démographie.

Les Républicains organisent ce vendredi une opération décentralisée pour protester contre l’annonce de fermetures de classes engendrées, selon la droite, par le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones d’éducation prioritaires. Cette action, associant les parlementaires, les élus locaux et les fédérations, se traduit par des conférences de presse ou l’envoi de communiqués sur tout le territoire.

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« Ce type d’opération est une première. Elle est née du terrain qui a alerté sur le nombre inédit de fermetures de classes dans les zones rurales, périurbaines et semi-urbaines », développe Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône et porte-parole du parti. Autant de fermetures de classes qui apparaissent en contradiction avec l’engagement d’Emmanuel Macron, le 17 juillet lors de la Conférence nationale des territoires, de n’engager « aucune fermeture de classes dans les zones rurales ».

« Un village qui perd son école, c’est un acte irréversible »

« On ferme à tour de bras : 14 fermetures de classes prévues en Corrèze, 28 en Eure-et-Loir, 29 dans les Vosges, 21 en Saône-et-Loire, sans compter le retard dans l’ouverture de nouvelles classes, ou encore la sortie du réseau d’éducation prioritaire de certaines écoles, qui ne bénéficieront pas des classes dédoublées », précise le maire Gilles Platret.

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Dans le Pas-de-Calais, département du député Pierre-Henri Dumont, 84 classes devraient fermer à la rentrée prochaine. « Si certaines fermetures sont inévitables car liées à une baisse de la natalité, d’autres, au contraire, sont liées au dédoublement de classes dans les REP + », déplore le député et conseiller municipal de Marck. « On déshabille Pierre pour habiller Paul », estime Gilles Platret.

Exécutif jugé « déconnecté »

Lopération du jour, associée à des actions locales, pourraient empêcher la fermeture de plusieurs dizaines de classes, espère-t-on. « J’ai rencontré le mois dernier le recteur d’académie : deux classes devraient être sauvées. Une nouvelle réunion est prévue », annonce le député Pierre-Henri Dumont, qui pointe une problématique plus large. « Derrière les classes, c’est la question de la vitalité des villages qui est en jeu. Un village qui perd son école, c’est un acte irréversible. C’est donc maintenant, quand il y a encore des classes, qu’il faut agir », plaide le député.

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Pour le parti, la défense des territoires face à un exécutif jugé « déconnecté » représente l’un des thèmes majeurs pour les cinq ans à venir. En ce sens, une mission « La France des territoires » a été confiée en octobre par le groupe Les Républicains aux députés Damien Abad et Guillaume Peltier. Celle-ci fait le tour du pays à la rencontre d’acteurs locaux afin d’organiser « une reconquête politique à partir des territoires ». Car, comme le rappelle Pierre-Henri Dumont, les territoires ruraux et périurbains constituent le cœur de l’électorat de droite, « quand la droite des villes a voté dès le premier tour Macron ». « On se sent responsable de ces territoires», défend le député, « car ce sont des populations qui n’ont pas l’habitude d’organiser des manifestations violentes pour se faire entendre. Le sentiment de résignation est total », déplore enfin Pierre-Henri Dumont. 

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Du côté de la rue de Grenelle, on estime les griefs contre les fermetures de classes infondés. Interpellé le 31 janvier lors des questions au gouvernement, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, a jugé « démagogiques » les plaintes sur les fermetures de classes alors que « dans chaque département rural de France, on comptera à la rentrée prochaine plus de professeurs par élève que cette année ». « Nous avons créé 3.000 postes dans le premier degré, alors qu’il y a une baisse démographique, donc en équivalent c’est beaucoup plus que 3.000 postes », a appuyé le ministre. Entre droite et gouvernement, la bataille des chiffres a commencé…