Education: Après l'Assemblée nationale, le Sénat entérine la réforme de l'accès à l'université

EDUCATION Les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93 (ensemble de la gauche)…

20 Minutes avec AFP
— 
Un amphithéâtre dans une université en France
Un amphithéâtre dans une université en France — Joel Saget AFP

Ultime feu vert de du Sénat à la réforme de l’accès à l'université, qui dit donc adieu au tirage au sort. Les sénateurs ont voté en faveur du texte par 250 voix (droite et LREM) contre 93 (ensemble de la gauche). Quelques heures auparavant, ce sont les députés qui avaient une dernière fois validé le projet de loi défendu par la ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal.

La ministre avait défendu dans l’hémicycle un projet ayant « pour épine dorsale » la volonté « d’accompagner plus de lycéens et d’étudiants vers l’enseignement supérieur et la réussite ».

La Fage n’exclut pas une mobilisation

Elle a assuré qu’avec la version de compromis Assemblée-Sénat « l’essentiel est bien là », insistant notamment sur le fait que « rien » ne permettra « d’établir un lien mécanique entre les capacités d’accueil et les taux d’insertion professionnelle ».

Elle répondait ainsi à la Fage, premier syndicat étudiant, qui soutenait le texte jusqu’alors et a estimé jeudi qu'« une ligne rouge » avait été franchie sur ce point. L’organisation n’a pas exclu une mobilisation, alors que, jusque-là, le projet de loi a peu fait descendre les étudiants dans la rue.

« C’est un vrai rendez-vous manqué »

« Je me réjouis que la commission mixte paritaire » chargée de trouver une version commune aux deux chambres « ait été conclusive », a déclaré cette dernière. « Ce qui nous rassemble, c’est le souci de tourner la page du tirage au sort. Sur de nombreux points, le Sénat a été précurseur », a-t-elle ajouté. Mais, pour Sylvie Robert (PS), « l’intérêt des étudiants a été perdu de vue au fur et à mesure de la discussion. C’est un vrai rendez-vous manqué. » David Assouline (PS) a jugé que le texte aboutit à « une forme de sélection dont nous ne voulons pas ».

« Vous avancez vers un système libéral où ce sont les universités qui choisissent leurs étudiants », a accusé de son côté Pierre Ouzoulias (CRCE, à majorité communiste). « Nous affirmons notre opposition à la sélection qui est contraire à notre idéal républicain ».

En revanche, Catherine Morin-Desailly (UC) a vanté « un texte d’équilibre nécessaire », qui « ouvre des portes qu’il conviendra d’approfondir au travers d’autres textes législatifs ».