Apprentissage: Le gouvernement dévoile ses principales mesures

REFORME Il reste encore « beaucoup de choses à affiner »…

20 Minutes avec AFP

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La ministre du Travail Muriel Pénicaud le 9 février 2018.

La ministre du Travail Muriel Pénicaud le 9 février 2018. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

Barrière d’âge repoussée à 30 ans, un financement simplifié et garanti, une aide au permis de conduire… Le gouvernement a dévoilé ce vendredi 20 mesures pour attirer davantage de jeunes en apprentissage, misant sur les branches professionnelles pour en faire « une voie d’excellence ».

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Jusqu’au bout, cette réforme aura donné lieu à d’intenses batailles, notamment entre le Medef et les régions, peu enclines à partager le pilotage de l’apprentissage.

Des modalités qui restent à définir

La réforme consacre la liberté de création des Centres de formation des apprentis (CFA), en dépossédant les régions. « Les CFA pourront développer rapidement et sans limite administrative les formations correspondant aux besoins en compétences », a ainsi expliqué le ministère du Travail. Les régions se voient en revanche confier « la responsabilité de l’orientation », actuellement du ressort quasi exclusif de l’Education nationale. Mais, a précisé le ministère, les modalités restent à définir.

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Le Premier ministre Edouard Philippe n’a pas caché au cours d’une conférence de presse qu’il y avait « encore beaucoup de choses à affiner », reconnaissant une « discussion animée » depuis l’automne. Et cela s’est poursuivi vendredi, les Régions de France (ex-ARF) condamnant vivement, dans un communiqué, un projet qui ne répond pas selon elles « aux véritables enjeux » de l’apprentissage.

Ouvrir l’apprentissage jusqu’à 30 ans

« Personne ne remet en cause l’importance des régions dans le dispositif de l’apprentissage », a assuré Edouard Philippe. Critiquant ce qu’il a qualifié de « postures », il a préféré insister sur l'« envie commune d’avancer ». Le Medef a salué de son côté « une vraie ambition » et « une réforme équilibrée », et la CPME une « mini-révolution » par laquelle « l’entreprise est clairement replacée au cœur du dispositif ».

Pour encourager l’apprentissage, le gouvernement a décidé de l’ouvrir jusqu’à l’âge de 30 ans. La grille des salaires sera également revue à la hausse, en particulier pour les plus jeunes - allant actuellement jusqu’à près de 80 % du Smic - avec 30 euros net supplémentaires par mois.

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Une aide de 500 euros sans conditions a été décidée pour le permis de conduire des apprentis de plus de 18 ans. La réglementation pour les apprentis mineurs va aussi être revue, comme dans le bâtiment ou la boulangerie et pâtisserie, où la durée de travail hebdomadaire sera rallongée, une revendication de longue date de ces secteurs.