PS: A 22 ans, cette Nantaise veut prendre la tête des Jeunes socialistes (mais pourquoi?)

PORTRAIT L'élue nantaise Mahaut Bertu se présente à la présidence du MJS, qui se réunit en congrès ce week-end...

Julie Urbach
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Mahaut Bertu
Mahaut Bertu — J. Urbach/ 20 Minutes
  • Le mouvement des jeunes socialistes, qui n'est pas en grande forme à l'instar du PS, tient congrès ce week-end.
  • Mahaut Bertu, étudiante nantaise de 22 ans, fait partie des deux candidates à la présidence.

Alors que le parti socialiste se réunit début avril juste après l'élection de son premier secrétaire, son échéance à elle, c’est ce week-end. Mahaut Bertu, 22 ans, s’est lancée dans la course à la tête… du mouvement des jeunes socialistes. Lui aussi déserté et récemment écorné par une affaire de harcèlement sexuel, le MJS tentera de relever la tête et élira son nouveau président samedi à Bondy, en région parisienne. Ou plutôt sa nouvelle présidente puisque contrairement au PS, ce sont deux jeunes femmes qui briguent le poste.

La Nantaise, qui fait figure de challengeuse, n’est pas nouvelle en politique. Celle qui est décrite par ses proches comme « bosseuse » et « engagée » a pris sa carte au MJS juste après l’élection de François Hollande, qu’elle n’a pas pu soutenir, et pour cause. « J’avais 16 ans mais j’étais déjà fascinée par cette dynamique collective, se rappelle Mahaut Bertu, étudiante en master 2 de sociologie. Beaucoup d’espérances ont été suscitées, peut-être davantage que ce que proposait réellement François Hollande... »

Pour son premier vote, à 18 ans, c’est un bulletin à son nom qu’elle met dans l’urne. La jeune femme, alors responsable du MJS 44, vient d’être repérée par Johanna Rolland, qui lui offre alors une place sur sa liste pour les municipales. Après des démissions, elle intègre finalement le conseil en 2017, où elle tente depuis de «trouver sa place», en travaillant sur le dossier de la réussite éducative. « Mahaut est quelqu’un de grande qualité et de convictions », juge Johanna Rolland. 



«Renverser les pratiques»

Des convictions, Mahaut Bertu en a beaucoup comme « la PMA pour toutes » ou « le droit à mourir dans la dignité ». Mais si elle se présente à la présidence du MJS, c’est qu’elle souhaite « renverser les pratiques et que l’organisation se remette en question ». Critique sur un fonctionnement interne parfois montré du doigt, la jeune femme, diplômée d’un bac techno en arts appliqués, revendique par exemple une ouverture du bureau national à tous les jeunes, « et non uniquement à ceux qui ont fait Science Po. »

« Sa démarche est louable mais elle n’a aucune chance, juge un ancien militant MJS de Loire-Atlantique. On le sait tous que c'est magouilles et compagnie… Je ne comprends pas pourquoi Mahaut perd autant d’énergie. Peut-être pour des ambitions nationales ou se placer pour l’avenir...»

Déroutes et optimisme

Si Mahaut Bertu assure qu’elle n'aspire pas à être « élue à vie », l’étudiante avoue ne pas rougir d'être parfois « dans la minorité ». Il faut dire que celle qui représente un courant minoritaire (la Fabrique du changement) du mouvement a aussi dû affronter plusieurs déroutes de son parti, notamment aux dernières législatives où le PS a perdu tous ses sièges. Des déceptions aussi, comme avec le départ de Benoît Hamon (« j’ai trouvé ça nul de sa part »), qu’elle avait soutenu aux primaires.

Pour autant, cette « optimiste » est toujours là. «Je suis sûre que le PS, qui correspond à mes idéaux, peut se reconstruire, estime Mahaut Bertu. Notre espace politique existe encore et il y a beaucoup de gens sur le terrain qui n’attendent qu’à se rassembler. Il faut s’appuyer sur eux plutôt que de concentrer le pouvoir. Cette période de congrès va être décisive car elle va amener à clarifier les positions des uns et des autres ».