Emmanuel Macron en Corse: Le président a balayé les revendications des nationalistes, sauf la reconnaissance constitutionnelle de l'île

DISCOURS Le chef de l'Etat est arrivé mardi sur l'île de Beauté où son discours sur l'avenir institutionnel de la Corse est très attendu...

L.C.
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Le président Emmanuel Macron, photographié lors de son discours sur le statut de la Corse, à Bastia le 7 février 2018.
Le président Emmanuel Macron, photographié lors de son discours sur le statut de la Corse, à Bastia le 7 février 2018. — Ludovic MARIN / AFP

Au second jour de son déplacement en Corse, Emmanuel Macron va préciser ce mercredi sa stratégie pour l'avenir de l'île, depuis Bastia. Son discours, prévu à 15h30 dans l'agenda présidentiel, est le point d'orgue de son séjour corse. Il est attendu avec impatience par les dirigeants nationalistes de l'île qui réclament des pouvoirs accrus depuis leur élection en décembre dernier.

Le chef de l'Etat prononcera ce discours dans un centre culturel à Bastia, devant plusieurs centaines d'invités dont des maires corses et les deux hommes forts de l'île, l'autonomiste Gilles Simeoni, à la tête de l'exécutif, et l'indépendantiste Jean-Guy Talamoni, président de l'Assemblée de Corse. 

20 Minutes vous fait suivre ce discours-clé en direct. N'hésitez pas à nous poser vos questions dans les commentaires, nous essaierons d'y répondre.

 

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18h : Ce live est terminé !Merci de l'avoir suivi.
17h52 : Des députés s’inquiètent de l’inscription de la Corse dans la ConstitutionÀ l’Assemblée à Paris, le député Les Républicains Eric Woerth juge que la Corse ne « doit pas être inscrite dans la Constitution. C’est extrêmement grave, une porte ouverte à toutes les modifications. La République est une et indivisible »Le député Olivier Falorni (du Parti radical de gauche) estime lui aussi que la reconnaissance constitutionnelle de la Corse est une «concession aux nationalistes, un mauvais signal , qui pourrait provoquer un engrenage».




17h50 : Les nationalistes corses déçusGilles Simeoni, président du Conseil exécutif de Corse, n'a pas goûté le discours du chef de l'Etat. Selon Soazig Quéméner, rédactrice en chef politique à Marianne, il a déclaré en sortant : « c’est un discours que nous avons tous très mal ressenti ».


17h : On vous résume le discours de MacronPour résumer le discours du président de la République, rappelons qu'il a longuement parlé de sujets «du quotidien», dont le logement, la sécurité, le réseau 4G et l'accès à Internet, la santé, soulignant l'implication de l'Etat en Corse.Sur les revendications des nationalistes, Emmanuel Macron a été clair, et ila  fermé plusieurs portes :Il n'est pas favorable à la co-officialité de la langue corse mais s'est dit favorable au «bilinguisme» et donc à la préservation de la langue corse.Le chef de l'Etat a aussi rejeté la création d'un statut de résident corse, qui n'est selon lui «pas la bonne réponse» au problème du logement en plus d'être contraire à la Constitution et au droit européen.Enfin, Emmanuel Macron s'est dit prêt à inscrire la spécificité corse dans la Constitution, mais dans le cadre de l'article 72 alors que les élus corses réclament une modification de l'article 74.
16h52 : C’est fini !Emmanuel Macron a choisi de garder son annonce la plus symbolique pour la fin, sur la reconnaissance de la spécificité corse par la Constitution. Pour l'île, c'est «l'heure du choix : ou bien entretenir avec la République un face à face ruineux et stérile, ou bien se tourner résolument vers son avenir, [de] phare de la modernité méditerranéenne», lance-t-il.Et ainsi s’achève son discours qui aura duré un peu plus d’une heure.
16h44 : « Je suis favorable à ce que la Corse soit mentionnée dans la Constitution »Emmanuel Macron donnerait-il enfin des gages aux nationalistes ? Il affirme être favorable à inscrire la Corse dans la Constitution, lors de la prochaine réforme constitutionnelle, qui sera présentée au printemps. Il est favorable à ce que cela se fasse dans le cadre de l'article 72, alors que les nationalistes réclament l'article 74.Mais il prévient les nationalistes : « est-ce que la clef de tout est forcément cela ? La réponse est non » (…) «Il vous faut déjà assumer les responsabilités nouvelles que vous avez depuis le 1er janvier ».
16h40 : Que se passe-t-il dans la salle ?On n’a pas de plan de coupe sur le public qui écoute Emmanuel Macron depuis maintenant près d’une heure, mais selon plusieurs journalistes sur place, une personne a quitté la salle lorsque le président a exclu une éventuelle co-officialité de la langue corse. Et Gilles Simeoni prendrait des notes.


16h37 : « Je souhaite que la Corse soit ce territoire pionnier du tourisme durable »Emmanuel Macron flatte désormais le patrimoine naturel de l’île de Beauté et dit vouloir développer un «tourisme durable». Il mentionne les prochaines Assises de l’eau en Corse et la création d’un campus méditerranéen de la météorologie.
16h32 : Macron défavorable à la co-officialité de la langue corseDeuxième douche froide pour les nationalistes. Emmanuel Macron n’est pas favorable à la co-officialité de la langue corse, une des revendications des nationalistes corses. Le président préfère défendre le « bilinguisme ». « Le bilinguisme, ça n’est pas la co-officialité. (…) Il y a une langue officielle. C’est le français. »Il met aussi en garde : « la défense légitime de la langue corse ne doit pas conduire à la fermeture, par exemple sur le marché du travail, à qui n’est pas corse ».
16h30 : Macron promet une évaluation sur les investissements pour la langue corse« La langue corse doit être préservée et développée. D’ailleurs elle l’est. Il n’y a pas une seule langue régionale autant soutenue par l’Etat », affirme le président. Pour appuyer son argument, Emmanuel Macron récite quelques chiffres sur le nombre d’élèves apprenant le corse et les millions investis par l’Etat dans ce domaine.Mais « il n’y a pas la progression à la hauteur de ces investissements. Comment mieux affecter cet argent de la République ? » s’interroge-t-il. Il promet une évaluation pour « être plus efficace ».
16h26 : Macron veut « ouvrir une nouvelle page de notre histoire »« Faire réussir la Corse dans la République, c’est avant tout régler les problèmes du quotidien, c’est la priorité qui doit être la nôtre. c’est cela sur quoi j’ai demandé au gouvernement de travailler activement », conclut Emmanuel Macron, au cas où le début de son discours n’aurait pas été compris par les nationalistes.Il aborde maintenant le sujet de l’identité corse. « Faire réussir la Corse dans la République, ce n’est pas nier son identité, c’est lui permettre au contraire de l’exprimer de manière plus riche. (…) L’identité corse est une richesse de la République », lance-t-il, d’un ton un peu plus exalté qu’au début de son allocution.
16h23 : Le chef de l’Etat promet 400 millions d’investissement supplémentaires d’ici à 2020Ces investissements seront destinés aux secteurs « stratégiques ».
16h22 : Une fiscalité corse ? Pas pour demainLe président envisage prudemment une fiscalité corse mais il avertit : « comment demander l’autonomie fiscale et en même temps percevoir la solidarité nationale ? »
16h20 : Macron douche pas mal d’espoirs nationalistes« Demeurer dans le giron de la République, ce n’est pas perdre son âme ni son identité, c’est bénéficier de la solidarité nationale », lance le président. On ne voit pas la tête des élus nationalistes assis au premier rang, mais on aimerait bien.
16h18 : «L'Etat sera à vos côtés et vous a confié des moyens» assure Macron
16h15 : Macron ponctue son discours de « comme partout sur le territoire »Histoire de souligner qu’il n’y a pas de traitement spécifique de la Corse par l’Etat.
16h05 : « La création d’un statut de résident n’est pas la bonne réponse » au problème du logement en CorseLe chef de l’Etat vient de balayer une des revendications des nationalistes corses, celle de la création d’un statut de résident sur l’île. Ce n’est selon lui pas la réponse au problème «endémique» de l’accès au logement en Corse et cela serait contraire à la Constitution et au droit européen.
16h03 : Le président aborde la spécificité corse par des sujets « du quotidien »Après avoir parlé sécurité, santé et personnes âgées, Emmanuel Macron parle désormais de l’accès à Internet et la couverture du réseau de téléphonie mobile dans l’île, où les zones rurales et montagnardes sont importantes. «Nous souhaitons garantir une couverture totale en téléphonie mobile d’ici 2020 sur tout le territoire Corse. Il y aura des sanctions pour les opérateurs afin d'assurer cette couverture. Dans les agglomérations de Bastia et Ajaccio, les déploiements ont commencé pour respecter le plan des avalisé par les opérateurs», promet-il.
16h : Macron loue l'action de l'Etat en Corse dans le domaine de la santéLe président veut montrer qu’il n’est pas venu les mains vides. Après avoir évoqué plus de moyens pour les forces de l’ordre, il annonce des investissements dans la santé sur l’île, l’accès aux soins et en particulier la prise en charge des personnes âgées.Il faut aussi la promotion de l’action de l’Etat, en évoquant l’hôpital d’Ajaccio financé à 100 % par l’État. Il dit souhaiter que les hôpitaux corses soient « mieux gérés ».
15h55 : «La Corse et les Corses ont besoin de l'ordre républicain»Le président débute par le thème de la sécurité et de l’ordre républicain. « Il y a eu pendant trop longtemps des actes de violences en Corse, qui ont nui à la population et compliqué le développement économique et social de l’île (…) Cette violence, qu’elle soit terroriste ou de droit commun, doit totalement disparaître ».Emmanuel Macron promet de renforcer les moyens humains et matériels des forces de l'ordre en Corse.
15h52 : La voie médiane choisie par MacronLe président esquisse déjà sa stratégie, entre les demandes des nationalistes et le statu quo. Il faut selon lui reconnaître la « spécificité » de l’île, qui est « au cœur de la République ». « Je pense qu’il y a très peu de Corses dont la vie changera » en fonction du statut juridique de l’île, lance le président.
15h48 : Le point histoireFéru d'histoire, le président amorce son discours par quelques rappels historiques corses.
15h47 : Le dicours commenceAvec seulement un quart d'heure de retard.


15h30 : 64 % des Français pour un statu quo en matière d’autonomie corseEmmanuel va-t-il réussir à convaincre les Français lors de son discours ? Selon un sondage Elabe diffusé ce mercredi, plus de six Français sur dix (61 %) ne font « pas confiance » au président et au gouvernement « pour faire avancer la situation politique en Corse ».Pour 64 % des sondés, l’Etat ne doit accorder « ni plus ni moins d’autonomie » à la Corse que ce que lui confère déjà son statut particulier. 19 % souhaitent « plus d’autonomie » et 16 % moins pour le territoire, selon cette enquête pour BFMTV, réalisée mardi, au premier jour de la visite d’Emmanuel Macron en Corse. Les personnes interrogées sont également massivement opposées, à 74 %, à l’indépendance de la Corse, contre 26 % d’un avis contraire.En revanche, 57 % (contre 42 %) pensent ainsi que « les prisonniers dits politiques par les nationalistes » doivent « être incarcérés en Corse pour se rapprocher de leur famille » et 53 % estiment que « la spécificité de la Corse doit être inscrite dans la Constitution », comme c’est déjà le cas de certains territoires ultramarins. 46 % estiment que « le statut de résident corse doit être créé pour réserver l’achat immobilier aux personnes résidant depuis plus de cinq ans en Corse ».
15h20 : Pas de drapeau corse à la tribuneComme le veut la coutume, des drapeaux français et européens ont été parcimonieusement disposés derrière le pupitre où Emmanuel Macron s’exprimera. Pas de drapeau corse, contrairement à ce qu’espéraient certains nationalistes, mais ce n’est pas une surprise.




15h15 : Les élus nationalistes font leur entréeLes élus nationalistes corses sont arrivés au centre culturel de Bastia où le chef de l’État va s’exprimer. Les caméras sont nombreuses pour l’arrivée de Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, qui ont boycotté le «déjeuner républicain» avec Emmanuel Macron ce mercredi.




15h : Les nationalistes mettent la pression avant le discours de MacronSix élus nationalistes corses ont décidé de ce mercredi midi à Bastia, où l’Elysée les avait conviés autour d’Emmanuel Macron. Les deux hommes forts de l’île, Jean-Guy Talamoni et Gilles Simeoni, en font partie, ainsi que les trois députés nationalistes Jean-Felix Acquaviva, Paul-André Colombani, Michel Castellani et le maire de Bastia Pierre Savelli. Ils devraient assister au discours du chef de l’Etat prévu à 15h30.