Ile-de-France: Comment expliquer la pagaille provoquée par la neige sur les routes?

AU SECOURS Près de 2.000 personnes sont restées bloquées sur la route enneigée mardi soir sur la N.118…

T.L.G. avec M.C.

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Des bouchons sur le N118
Des bouchons sur le N118 — FRANCK FIFE / AFP

Des embouteillages monstres sans même la joie des vacances. Les chutes de neige ont entraîné un pic de bouchons, 739 kilomètres, mardi soir en Ile-de-France. La situation a été particulièrement difficile sur la N.118, au sud-ouest de Paris. Près de 2.000 personnes sont restées bloquées sur la route enneigée, et ont été contraintes de passer la nuit dans leur véhicule. A la mi-journée, plus de 900 voitures étaient encore coincées, selon la préfecture de police, ce mercredi. Comment expliquer cette situation malgré les prévisions de Météo France ?

1. L’hiver, il neige

Oui, la neige tombe parfois en hiver. Mardi, elle a chuté à raison de 3cm/heure, principalement en fin de journée. « La température est descendue sous 0°C hier à partir de 17h, même à Paris intra muros : cette neige a gelé, formant une croûte de glace », indique la Chaîne météo.

« On est sur un scénario de renforcement de la neige alors que la tenue est facilitée par des températures un peu en baisse », expliquait mardi à l’AFP Emmanuel Demaël, prévisionniste chez Météo-France. Météo-France a noté un épisode « notable et durable ». A 5h, Météo-France relevait ainsi 12 cm à Paris-Montsouris, 13 à Roissy et Orly, 14 cm à Orléans et 15 cm à Chartres.

2. Un manque d’anticipation des autorités ?

« Il n’y a pas eu d’anticipation des pouvoirs publics », peste auprès de 20 Minutes Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes. « Pour la N.118, ce n’est pas la première fois que ça se passe. Ça se répète sans cesse mais aucune leçon n’a été tirée. Il suffisait de mettre des forces de l’ordre pour gérer la circulation. Tous les moyens n’ont pas été mis en place. » En décembre 2010, des milliers d’automobilistes s’étaient déjà retrouvés bloquées sur cette même nationale. L’Etat a-t-il suffisamment prévenu l’épisode neigeux ?

« Les services de l’Etat ont été mobilisés toute la journée pour saler les routes […] Mais il est tombé 15 à 17 cm de neige dans le sud-ouest de Paris au niveau de Velizy (Yvelines), ce qui nous a aussi contraints à fermer la N.118 par mesure de précaution », indique Elisabeth Borne au Parisien. La ministre des Transports explique que 70 saleuses ont été mobilisées dans la nuit de mardi à ce mercredi pour intervenir sur les axes gérés par l’Etat. « Mais au-delà d’une certaine quantité de neige, cela ne suffit pas à dégager les chaussées. » La neige tient alors au sol, ralentissant la circulation. Les engins déneigeurs ne parviennent alors plus à accéder à certains axes.

3. La faute des automobilistes ?

L’ancien ministre des Transports Dominique Bussereau a pointé du doigt les automobilistes sur LCI mardi soir : « Il y a un peu un décalage entre des prévisions météo assez exactes qui arrivent et la façon dont ça se passe. Peut-être parce que nous sommes dans une région, la région parisienne, où nous ne sommes pas habitués à ces conditions comme nos amis du Jura, des Vosges ou d’Auvergne, qui savent rouler sur la neige. Peut-être que nous n’avons pas forcément les bons réflexes », comme notamment celui d’installer les fameux « pneus neige ». Plusieurs responsables publiques ont prié les Franciliens à délaisser leur voiture. Une demande trop tardive pour Daniel Quéro. « Le ministère des transports a annoncé aux automobilistes de ne pas prendre la route mais seulement ce matin. Il aurait fallu les prévenir hier… »