Des députés PS demandent un débat sur les renforts en Afghanistan

Dorothée Doublet (avec agence)

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L'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le Contrat première embauche (CPE) instauré dans le projet de loi sur l'égalité des chances par un amendement du gouvernement, au terme d'une longue bataille de procédure menée avec âpreté par la gauche.
L'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de mercredi à jeudi le Contrat première embauche (CPE) instauré dans le projet de loi sur l'égalité des chances par un amendement du gouvernement, au terme d'une longue bataille de procédure menée avec âpreté par la gauche. — Stéphane de Sakutin AFP/Archives

En visite à Londres, Nicolas Sarkozy a évoqué mercredi le renforcement du contingent français en Afghanistan. Des propos qui n’ont pas laissé les députés socialistes de marbre.

Dans un entretien à la radio britannique BBC, le président de la République a déclaré que l’Alliance atlantique ne pouvait «se permettre de perdre» contre le terrorisme. Il a ainsi annoncé son intention de proposer un renforcement de la présence militaire française en Afghanistan, où l’armée française compte déjà près de 2.000 soldats. Evoquant un renforcement de ce contingent, «sous conditions», Nicolas Sarkozy n’a toutefois pas confirmé le chiffre de 1.000 hommes, avancé par le journal «The Times».

C’est lors du sommet de l'Otan qui se tiendra du 2 au 4 avril à Bucarest, qu’il dévoilera ses intentions dans le détail. En attendant, l’évocation a fait débat lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale.

S’adressant au Premier ministre François Fillon, le député PS Henri Emmanuelli s'était indigné que la France soit «la seule démocratie occidentale où une situation de guerre peut perdurer sans que le Parlement ne l'autorise ou n'en soit informé». «Parce que cette situation est inacceptable, je vous demande avec gravité, au nom du groupe PS, d'organiser au plus vite un débat pour que les parlementaires puissent se prononcer sur les objectifs, l'opportunité, les modalités, la nécessité de cette intervention», a-t-il ajouté.

Jean-Pierre Jouyet, le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, a répondu que les ministres Bernard Kouchner et Hervé Morin étaient «à la disposition des commissions compétentes du Parlement» pour «un débat» sur l’engagement français en Afghanistan. «Vous demandez ce débat, vous avez raison. Vous l'aurez, nous nous y engageons», a-t-il déclaré. Le secrétaire d’Etat s’est engagé pour qu’il ait lieu «dans les prochains jours» au sein des seules commissions parlementaires.