Législatives partielles: Les deux défaites sont-elles une claque pour LREM?

POLITIQUE La droite a remporté deux scrutins face aux candidats de La République en marche...

T.L.G.

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Emmanuel Macron soucieux.
Emmanuel Macron soucieux. — Philippe Wojazer/AP/SIPA
  • Les Républicains ont remporté deux législatives partielles ce dimanche face aux candidats de La République en marche.
  • Le taux de participation est très faible.
  • Est-ce un désaveu pour la politique d'Emmanuel Macron?

Deux victoires à zéro. Les Républicains ont remporté deux législatives partielles ce dimanche face aux candidats de La République en marche. Dans la première circonscription du territoire de Belfort, le favori Ian Boucard s’est nettement imposé avec 59,18 % des voix, plus de huit points de mieux qu’en juin, face au MoDem-LREM Christophe Grudler (40,82 %).

Petite surprise dans la première circonscription du Val-d'Oise, où Isabelle Muller-Quoy (LREM, 48,55 %) a perdu la circonscription prise en juin à la droite. Le candidat LR Antoine Savignat l’a emporté avec 51,45 %, soit six points de mieux qu’en juin.

>> A lire aussi : Déroute du PS, baisse de la majorité... Quels enseignements tirer des législatives partielles de Belfort et du Val-d'Oise?

Edouard Philippe et Christophe Castaner avaient fait campagne

« C’est une défaite pour La République en marche, mais il ne faut pas non plus surinterpréter, car ce sont des circonscriptions traditionnellement orientées à droite », relativise Bruno Cautrès, chercheur au CNRS et au Cevipof. « Ces résultats sont d’autant moins une bonne nouvelle que le Premier ministre et le délégué général du mouvement s’étaient déplacés en personne pour soutenir une candidate. De cette manière, ils ont accentué l’interprétation politique nationale du résultat. »

Jeudi soir, Edouard Philippe et Christophe Castaner s’étaient rendus dans le Val-d’Oise, appelant les électeurs à « amplifier le mouvement, pour faire en sorte de pouvoir continuer cette marche ». L’entourage du chef du gouvernement a relativisé les deux défaites auprès de l’AFP. « Les législatives partielles sont toujours difficiles pour les majorités en place ; ceux qui soutiennent la politique du gouvernement ne se sont pas mobilisés comme le montre la forte abstention. »

La participation a en effet été très faible avec 28,91 % à Belfort (45,25 % en juin) et à peine 19,09 % dans le Val-d’Oise, deux fois moins que l’an dernier.

Une victoire de Wauquiez ?

Autre indication du scrutin : « la droite commence à redresser la tête », note Bruno Cautrès. « C’est une victoire pour Laurent Wauquiez, qui sent bien qu’il y a une dynamique au cœur de son électorat, après des passages médiatiques réussis également. Le noyau dur commence à adhérer à sa présidence des Républicains. »

« La France du réel s’est exprimée ce soir : malgré huit mois de communication mensongère, les électeurs ont envoyé un message clair à Emmanuel Macron et au gouvernement. C’est un désaveu qui sanctionne sévèrement la politique du gouvernement », a indiqué le patron de la droite.

Si l’exécutif marque le pas dans les sondages ces derniers jours, le politologue pense qu’il est encore un peu tôt pour en tirer des conclusions. « L’opposition se remet en ordre de bataille, mais il faut attendre la fin de la série des législatives partielles pour voir si ces défaites se confirment. » À partir de mars, d’autres élections auront lieu dans le Loiret, en Haute-Garonne, en Guyane, à Mayotte et dans une circonscription des Français de l’étranger (Espagne, Portugal, Monaco…). En juin 2013, les députés socialistes avaient perdu les huit élections législatives partielles qui s’étaient déroulées depuis un an.