VIDEO. Plainte pour viol contre Gérald Darmanin: L'affaire continue de créer des fractures au sein de LR

ENQUETE Des voix discordantes se font entendre au sein du parti…

20 Minutes avec AFP
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Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin devant le palais de l'Elysée le 31 janvier 2018.
Le ministre de l'Action et des Comptes publics Gérald Darmanin devant le palais de l'Elysée le 31 janvier 2018. — LUDOVIC MARIN / AFP

Le parti d’opposition Les Républicains est dans l’embarras. L’affaire Darmanin continue en effet ce mercredi de susciter des fractures en son sein. Son président, Laurent Wauquiez, a ainsi réitéré publiquement son appel à la démission de Darmanin, visé par une plainte pour viol.

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« On n’est pas obligé non plus, lorsqu’on est un dirigeant politique comme l’est Laurent Wauquiez aujourd’hui, d’intervenir à tort et à travers sur tous les sujets », a cependant sévèrement tancé ce mercredi à l’antenne de France Inter le président du Conseil national de LR, Jean Leonetti, appelant ses troupes au « calme » et à « la pudeur ».

« On devrait avoir un peu de pudeur »

« Nous qui avons dénoncé en son temps le lynchage médiatique de nos candidats (dont François Fillon), on devrait avoir un peu de pudeur et ne pas se mettre dans la situation dans laquelle on demande la démission », a par exemple estimé le maire d’Antibes-Juan-les-Pins.

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Première vice-présidente du parti, Virginie Calmels a elle aussi pris ses distances. « Je crois profondément à la présomption d’innocence, c’est important que dans notre République, la présomption d’innocence ne soit pas bafouée », a-t-elle pour sa part déclaré ce mercredi sur le plateau de LCI.

« Proférer des allégations mensongères peut être aussi d’une extrême gravité »

Pour elle, « si les faits étaient avérés, ce serait d’une extrême gravité mais proférer des allégations mensongères peut être aussi d’une extrême gravité ». La première adjointe d’Alain Juppé à Bordeaux a rappelé qu’en l’occurrence, elle n’était « ni juge, ni procureur ». « Je laisse la justice travailler », a-t-elle résumé.

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Aussi prudent que la veille, le président du groupe LR à l’Assemblée Christian Jacob a répété sur Franceinfo que « Gérald Darmanin, en son âme et conscience, avec le président de la République, (devait) prendre cette décision ». Plus généralement, « ce n’est pas à l’opposition de décider de la composition du gouvernement », a-t-il avancé.

Christian Estrosi dénonce un deux poids deux mesures

La présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse, principale opposante interne à Laurent Wauquiez, a également pris ses distances avec le président du parti lors d’un déplacement commun avec lui ce mercredi dans le Val-d’Oise. « C’est l’honneur d’un homme. C’est la parole d’une femme. La justice doit trancher. Vite. Laissons la sereinement faire son travail ! », a-t-elle déclaré, sans évoquer la démission du ministre.

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Le maire de Nice Christian Estrosi​, dont l’absence au dernier Conseil national LR a été remarquée, a lui qualifié l’appel à la démission de « démarche totalement pitoyable », affirmant sur Public Sénat faire « confiance à la justice (et) à Gérald Darmanin ».

Plus tranchant, il a rappelé que « les mêmes qui demandent sa démission sont ceux qui n’ont pas demandé celle de François Fillon lorsqu’il a été mis en examen au moment de la campagne présidentielle ».