VIDEO. Pourquoi le gouvernement défend Gérald Darmanin, accusé de viol

GOUVERNEMENT Le ministre de l’Action et des comptes publics est visé par une enquête préliminaire suite à une accusation de viol...

L.C.

— 

Gérald Darmanin.
Gérald Darmanin. — PDN/SIPA
  • Le Monde a révélé samedi que Gérald Darmanin est visé par une enquête préliminaire pour viol.
  • Matignon, puis plusieurs membres du gouvernement défendent ce lundi le ministre et expliquent son maintien, malgré les critiques.

Un ministre sous pression. Après la réouverture d’une enquête préliminaire sur une accusation de viol visant Gérald Darmanin, révélée samedi par Le Monde, la porte-parole des Républicains et des militants féministes ont demandé au ministre de l’Action et des comptes publics de démissionner tandis que le gouvernement fait bloc derrière lui ce lundi, pour plusieurs raisons.

>> A lire aussi : Vague de soutiens pour Gérald Darmanin, accusé de viol

L’exécutif s’en tient aux règles fixées par Edouard Philippe

Après ces révélations, le Premier ministre a rappelé « d’une part que les règles fixant l’appartenance au gouvernement sont connues et d’autre part que M. Darmanin a toute sa confiance », selon son entourage cité par l’AFP. « La justice a été saisie et elle doit pouvoir travailler en toute indépendance », insiste Matignon, qui affirme à 20 Minutes que « Gérald Darmanin a été d’une totale transparence » sur cette affaire.

Edouard Philippe a explicitement énoncé une règle pour les membres de son gouvernement, indiquant en juin 2017 sur France 2 qu'« un ministre qui serait mis en examen devrait démissionner, il n’y a aucune ambiguïté là-dessus ». Une « coutume » qui date de l’époque Balladur.

« Pas de comparaison » avec les cas Ferrand et Bayrou

Cette tradition a pourtant été bousculée en juin dernier dans un contexte différent : Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires visé par une enquête préliminaire dans l’affaire des Mutuelles de Bretagne, a démissionné le 19 juin, encouragé par Emmanuel Macron à diriger le groupe des députés de La République en marche à l’Assemblée. Deux jours plus tard, à quelques heures d’un remaniement ministériel, les Modem Sylvie Goulard, Marielle de Sarnez et François Bayrou ont eux aussi démissionné alors que la justice enquêtait sur des accusations d’emplois fictifs au sein de leur parti politique.

Les militants féministes à l’origine d’une pétition demandant le départ de Gérald Darmanin du gouvernement en font un argument : « lorsque des membres du gouvernement ont été mis en cause pour des délits comme des emplois fictifs ou des malversations immobilières, ils ont immédiatement été poussés vers la sortie. Être visé par une enquête préliminaire pour un crime sexuel serait donc moins grave ? » écrivent-ils dans ce texte signé à ce jour par environ 3.500 personnes. « Comparaison n’est pas raison », évacue Matignon. « Ils ont décidé de partir », souligne le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Un risque pour l’image du gouvernement ?

Les membres du gouvernement, et notamment la garde des Sceaux Nicole Belloubet et la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes Marlène Schiappa, ont expliqué ce lundi que Gérald Darmanin pouvait rester au gouvernement, puisqu’il bénéficie comme tout citoyen de la présomption d’innocence et est visé par une enquête préliminaire mais pas mis en examen.

Mais ce maintien comporte un risque selon le politologue Olivier Rouquan. « L’opinion pourrait ne pas comprendre cette attitude de la part d’un gouvernement qui prétend vouloir être exemplaire sur la lutte contre les violences faites aux femmes », souligne le chercheur associé au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques. « Nous ne mollissons en rien sur ce sujet très important », réplique Benjamin Griveaux.