VIDEO. Une enquête ouverte sur des accusations de viol contre le ministre Gérald Darmanin

JUSTICE Une nouvelle plainte pour des faits remontant à 2009 a conduit à la réouverture automatique d’une enquête sur Gérald Darmanin…

O. P.-V.

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Gérald Darmanin le 7 décembre 2017.
Gérald Darmanin le 7 décembre 2017. — SIPA

Le parquet de Paris a rouvert une enquête sur une accusation de viol visant le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin pour des faits datant de 2009 et qui avait été classée sans suite en juillet, a-t-on appris samedi de source judiciaire.

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Cette décision, automatique dans ce type de cas, fait suite au dépôt en janvier d’un nouveau courrier par la plaignante, qui accuse le ministre de l’avoir violée alors qu’elle sollicitait de l’aide dans une affaire judiciaire, a indiqué cette source, confirmant une information du Monde. En juin 2017, le ministre avait, de son côté, déposé une plainte pour dénonciation calomnieuse.

Qui accuse Gérald Darmanin ?

Sophie Spatz, 46 ans, née Olga Patterson, est adhérente UMP (aujourd’hui Les Républicains) en 2009, à l’époque du récit qu’elle a déroulé au Monde. Condamnée en 2004 à dix mois de prison avec sursis et 15.000 euros de dommages et intérêts pour avoir harcelé un ex-compagnon, cette ancienne call-girl a tenté par la suite d’user de ses relations pour ouvrir de nouveau le dossier et modifier la décision de justice.

Reçue en mars 2009 au siège du parti, elle affirme avoir été présentée à Gérald Darmanin, alors tout jeune (26 ans) chargé de mission au service juridique de l’UMP. Le futur ministre lui aurait alors promis d’appuyer sa demande de révision auprès de la garde des Sceaux, Rachida Dati. Sophie Spatz raconte au Monde que Gérald Darmanin l’aurait invitée à dîner puis menée dans un hôtel où ils auraient eu une relation sexuelle, devant l’insistance de l’élu de Tourcoing. La plaignante a été auditionnée le 25 janvier par la justice, après réouverture de l’enquête le 22 janvier.

Que dit Gérald Darmanin ?

« Cette dénonciation s’inscrit dans une chronologie qui démontre une grossière intention de nuire », ont répondu ses avocats. La défense du ministre rappelle que celui-ci a porté plainte en juin pour dénonciation calomnieuse, au moment où Sophie Spatz déposait une première plainte. Le 15 janvier, Gérald Darmanin lui-même avait révélé avoir fait l’objet au printemps 2017 d’une enquête préliminaire à la suite d’une lettre l’accusant, selon lui, « d’abus de faiblesse, d’abus de pouvoir, voire de viol ».

L’avocate de la plaignante Elodie Tuaillon-Hibon affirme que celle-ci « aurait manifesté clairement et sans ambiguïté, même si c’était de manière courtoise et avec tact, qu’elle ne souhaitait pas se plier aux sollicitations sexuelles de monsieur », et « fonde aujourd’hui son raisonnement juridique sur la notion de consentement, mêlée à celle du viol "par surprise", telle que l’évoque l’article 222-23 du code pénal », rapporte le quotidien du soir.

Pourquoi la première plainte a-t-elle été classée ?

L’annonce de la nomination de Gérald Darmanin au gouvernement en mai 2017 aurait été le déclencheur, selon Sophie Spatz, qui se décrit comme « hystérique » au moment où elle l’apprend. Son époux François Spatz adresse alors une lettre à François Bayrou, ministre de la Justice, accusant Gérald Darmanin d’avoir abusé de sa femme.

Une plainte est donc déposée, une enquête ouverte automatiquement comme dans tous les cas d’accusation d’agression sexuelle ou de viol, mais Sophie Spatz refuse de se rendre aux convocations des enquêteurs. « Elle ne voulait pas y aller toute seule et elle subissait une intimidation de la part de son entourage », a justifié son avocate auprès de France Info. L’affaire avait donc été classée en juillet 2017 pour « absence totale d’infraction ». Sophie Spatz ayant changé d’avis, elle est relancée.