VIDEO. Ce qu'il faut retenir du passage de Laurent Wauquiez à «L'Emission politique»

POLITIQUE A deux jours d'un conseil national du parti, le président de Les Républicains a participé à «L'Emission politique»...

Anne-Laëtitia Béraud

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Laurent Wauquiez, président de LR, le 25 janvier 2018 dans
Laurent Wauquiez, président de LR, le 25 janvier 2018 dans — Jacques Witt / Sipa/SIPA
  • Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes et président du parti Les Républicains, a participé à «l’Emission politique» ce jeudi soir.
  • L'homme politique a notamment exposé ses thèmes chers et a défendu sa personnalité clivante.

Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, élu président du parti Les Républicains le 10 décembre 2017, a participé à «l’Emission politique» ce jeudi soir. A deux jours d’un Conseil national LR sensible, le programme s’est déroulé en direct. Vous l’avez zappé ? Pas de souci, 20 Minutes vous fait le récap’…

Son image clivante

Personnalité clivante jusque dans son propre camp, Laurent Wauquiez a été interrogé sur les inimitiés qu’il suscite. « Je ne suis pas venu sur votre plateau pour faire du consensus mou [mais] pour qu’à l’arrivée les gens se disent : "il a une colonne vertébrale, il y a une vision et il les défend clairement". C’est plus important qu’essayer de préserver toutes les pièces du puzzle.» Avant un tacle: « Mon équipe a une moyenne d’âge de 40 ans. Alors bien sûr peut-être que ça crispe un peu les égos des uns et des autres, mais je pense que la droite a besoin de ce renouvellement. »

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L'expression «cancer de l'assistanat»

En mai 2011, Laurent Wauquiez dénonçait « les dérives de l’assistanat » qu’il qualifiait de « cancer de la société française ». La formule lui colle depuis comme le scotch du capitaine Haddock. Laurent Wauquiez est revenu sur cette expression ce jeudi soir : « Quand vous vous contentez de verser une prestation sociale aux gens sans rien demander en contrepartie, vous ne les aidez pas. Vous les enfermez dans la spirale de l'assistanat, ce que j'ai appelé le "cancer de l'assistanat", expression qui était peut-être malheureuse parce qu'il y a des gens qui sont victimes de cette maladie ». 

L'immigration

Thème pour lequel il est accusé de courir après le FN, Laurent Wauquiez a parlé d'immigration. «De la même que je ne veux pas laisser le monopole du social à la gauche, je ne veux pas laisser le monopole du discours du l'immigration à l'extrême droite», a-t-il tranché. Un peu plus tard, le président de LR a critiqué «une politique migratoire qui ne fonctionne plus du tout (...) avec des personnes à qui on donne la nationalité et qui ne maîtrisent pas toujours le Français.» «Je pense qu'il y a trop d'immigration en France et nos capacités d'intégration sont saturées», a-t-il encore commenté. Alors qu'en 2017, la France a accordé 262.000 titres de séjours, Laurent Wauquiez a dit souhaité «la ramener en dessous de la barre de 100.000 par an» dont «20 à 30.000 d'étudiants étrangers». Il a évoqué sa préférence «pour des quotas par pays et par métiers pour l'immigration économique» et demandé que le droit du sol, en vigueur en France, soit questionné «pour savoir si c'est bon ou si ce système doit être repensé». 

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Le populisme

Lors de la séquence «L'Invité inattendu», Laurent Wauquiez a fait face à Alain Minc, économiste et soutien d'Emmanuel Macron. Ce dernier lui a reproché des mots «marqueurs d'extrême droite» ou d'user du populisme, par «l'opposition du peuple contre les élites» et dont Laurent Wauquiez est pourtant «l'un des beaux représentants.» «Ce que je défends, c'est que je ne crois pas qu'on construira la réussite de la France en tournant le dos à toutes les valeurs qui nous ont construit» a dit Laurent Wauquiez. «Ma différence fondamentale avec Emmanuel Macron, c'est que je pense que pour lui, il faut que la France saute dans le train de la mondialisation. Tant mieux pour ceux qui réussissent, tant pis pour ceux qui restent à quai. Quitte à ce que la France se renie pour s'adapter à cette mondialisation. Pour que la France retrouve un avenir, elle doit retrouver ce qu'elle était, un pays qui croit au travail, à la laïcité et l'intégration républicaine», a-t-il estimé. 

Son ambition présidentielle

Interrogé sur son ambition présidentielle pour 2022, Laurent Wauquiez a balayé la question : « Nous venons de perdre une élection présidentielle. Ma famille politique est en lambeaux (...) et vous pensez vraiment que je vais vous dire : "dans quatre ans, c'est moi" ? », a-t-il lancé. 

Les régions contre Paris

Interrogé sur sa valorisation appuyée des régions face à Paris, Laurent Wauquiez a illustré « la coupure entre Paris et le reste du pays » en évoquant la limitation à 80 km/h sur les routes nationales, jugée inadapté. Il a aussi raillé «un gouvernement très enfermé dans les ministères parisiens».

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Bonus : Parisien ou pas parisien?

Né à Lyon et ayant grandi à Paris, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes a indiqué en début d’émission qu’il était « le seul » des invités qui « n'habite pas à Paris », valorisant son fief de Haute-Loire. Une affirmation démentie par lui-même lorsqu'il était candidat à la présidence de LR. Devant une caméra de France 3, mercredi 20 septembre à Belfort, il avait dit: «Je vais aller partout et pas rester chez moi à Paris» à propos de ses déplacements de campagne.