SNCF: La ministre des Transports prie le groupe de passer ses gares au crible

DIAGNOSTIC La SNCF doit notamment se moderniser et mieux communiquer…

20 Minutes avec AFP

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La ministre des Transports Elisabeth Borne sort de l'Elysée le 3 janvier 2018.
La ministre des Transports Elisabeth Borne sort de l'Elysée le 3 janvier 2018. — LUDOVIC MARIN / AFP

Elle hausse le ton. La ministre des Transports Elisabeth Borne a en effet demandé ce lundi à la SNCF de procéder à un audit de ses grandes gares et de proposer des correctifs, après les nombreux incidents qui ont provoqué la colère de dizaines de milliers de passagers ces derniers mois.

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Elle avait convoqué le patron de la SNCF, Guillaume Pepy, et le responsable du réseau, Patrick Jeantet, pour une « réunion de travail » afin de tirer les leçons, notamment, de la succession de pannes dans les gares parisiennes de Montparnasse et Saint-Lazare en décembre. Fin juillet déjà, une défaillance de la signalisation avait paralysé Montparnasse pendant trois jours, en plein chassé-croisé estival.

« Mieux anticiper les points de fragilité du réseau »

SNCF Réseau est ainsi prié de fournir « un diagnostic complet sur l’ensemble des systèmes d’alimentation électrique, de signalisation, et sur les postes informatiques de toutes les grandes gares parisiennes […] ainsi que sur les principales gares en région », a précisé le ministère dans un communiqué.

« L’objectif est ainsi de mieux anticiper les points de fragilité du réseau, et de mobiliser les investissements nécessaires pour y remédier, en tenant compte des travaux d’ores et déjà prévus dans les quinze prochaines années en Ile-de-France et en région », a-t-il ajouté.

Des décennies de sous-investissements

Cet audit devra être finalisé d’ici à la fin mars, et des « propositions d’actions, notamment sur les investissements prioritaires dans ces grandes gares, proposées pour fin avril 2018 ». La plupart des incidents récents sont la conséquence d’une grande vague de travaux en cours sur le réseau classique, après des décennies de sous-investissements quand la SNCF, et les gouvernements successifs derrière elle, n’avait d’yeux que pour le TGV.

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Le bug informatique qui a paralysé Montparnasse début décembre a par exemple été provoqué par la manipulation malencontreuse d’un logiciel datant des années 1980, alors qu’il s’agissait d’augmenter le nombre de trains susceptibles d’entrer en gare.

Dérouter des trains et mieux communiquer avec les clients

L’idée est de les éviter autant que possible, ou au moins d’en atténuer les effets, par exemple en détournant les trains vers d’autres gares. Et surtout de bien prévenir les passagers en cas de perturbation. Or, et c’est là que le bât blesse souvent, la SNCF a encore du mal à parler à ses clients.

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A cet effet, le groupe public a lancé cet été le programme « Rob. In », censé mettre l’accent sur la robustesse des services ferroviaires malgré les chantiers, et sur l’information des voyageurs. Les mesures à prendre après l’audit décidé lundi viendront renforcer ce programme, le cas échéant.