VIDEO. Quatre fois où Castaner a voulu déminer une polémique mais n'a fait que remettre de l'huile sur le feu

COMPOL En essayant de défendre le président de la République ou des membres d'En marche, «Casta» a parfois aggravé leur cas, ou le sien...

L.C.

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Christophe Castaner à l'Assemblée nationale le 6 juillet 2017.
Christophe Castaner à l'Assemblée nationale le 6 juillet 2017. — JACQUES DEMARTHON / AFP

Il a beau être ultra-rôdé à la communication politique, Christophe Castaner est aussi connu pour ses maladresses, ses lapsus et ses bourdes. Il est aussi arrivé à plusieurs reprises qu’en souhaitant défendre un membre du gouvernement, de La République en marche ou même le président, il ne fasse qu’enfler une polémique. La preuve en quatre exemples.

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Quand il a volé au secours du nouveau porte-parole de LREM, critiqué pour ses insultes fleuries sur Twitter : « son vocabulaire de jeune de Montreuil le rattrape »

Après la nomination de Rayan Nezzar au poste de porte-parole du parti (avec les députés Laëtitia Avia et Gabriel Attal), Buzzfeed a déterré d’anciens tweets plutôt embarrassants. Dans des messages de moins de 140 caractères datés de 2012 et 2013, le jeune homme y insulte copieusement une journaliste, des hommes et des femmes politiques.

Tandis que la polémique enfle et qu’un député marcheur demande publiquement à Christophe Castaner de révoquer le porte-parole fraîchement nommé, Casta, réagit en privé, selon RTL : « C’était un propos d’étudiant pour lequel il s’est excusé. Ce qui m’agace, c’est qu’il a un parcours génial, rare en politique, du talent, et là son vocabulaire de jeune de Montreuil le rattrape ». Ni une ni deux, les élus de Seine-Saint-Denis lui tombent dessus et s’indignent sur Twitter. Raté.

Quand il a défendu l’emploi du terme « bordel » par Emmanuel Macron : « on peut être cultivé et parler comme les Français »

Egletons, en Corrèze, le 4 octobre 2017. Pendant la visite d’un campus, tandis que des salariés de l’entreprise GM & S menacée de liquidation manifestent devant le bâtiment, le président lâche : « certains, au lieu de foutre le bordel, feraient mieux d’aller regarder s’il y a des postes » [dans une autre entreprise de la région].

Face au tollé provoqué par ce vrai-faux dérapage, le porte-parole du gouvernement défend d’abord son chef en affirmant, à tort, que les propos ont été tenus lors d’une conversation privée. Puis il continue de s’enfoncer : « Je crois qu’on peut être cultivé et parler comme les Français. Je pense qu’on peut aussi avoir l’objectif en politique (…), c’est le cas d’Emmanuel Macron, d’arrêter la langue de bois et d’oser nommer les choses ». Encore raté.

Un peu plus tard, il en remet une couche sur BFMTV : « Le président de la République a raison de parler comme parlent les Français, c’est pas parce qu’il est Président, c’est pas parce qu’il est cultivé - et vous savez qu’il l’est plus que la moyenne - qu’en même temps il doit s’interdire l’usage de certains mots qui sont des mots courants. »

Quand il a voulu protéger Muriel Pénicaud face aux journalistes, parce que la réforme du travail est plus importante que les affaires judiciaires

Lors du point à l’issue du Conseil des ministres le 28 juin dernier, Christophe Castaner a demandé aux journalistes de « ne pas chercher à affaiblir » la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Les activités de Business France sont dans le viseur d’une information judiciaire pour soupçons de favoritisme​ concernant un déplacement d’Emmanuel Macron à Las Vegas en janvier 2016, préparé par l’organisme alors dirigé par Muriel Pénicaud, mais le porte-parole du gouvernement estimait que « nous sommes dans un moment important pour la réforme du travail ».

Quand il s’est défendu d’être sexiste après sa remarque sur la tenue de Rihanna, parce qu’il ne voyait pas où était le problème

Lors d’une interview à Konbini, Christophe Castaner se voit demander s’il n’est « pas trop jaloux » de la relation entre Emmanuel Macron et Rihanna, alors que la chanteuse et le président se sont rencontrés à l’Elysée le 26 juillet 2017. Réponse de l’intéressé : « ah si, en plus je suis arrivé à l’Elysée elle était encore là et on nous a fait passer par une porte dérobée. J’ai même pas pu rencontrer Rihanna. Finalement, j’aurais été un peu déçu, sa tenue était peut-être un poil trop ample ».

Une remarque qui n’a pas manqué de susciter de nombreuses accusations de sexisme. Mais l’intéressé ne voit pas vraiment où le sexisme, puisqu’il déclare quelques jours plus tard sur LCI : « mon propos a été considéré comme sexiste alors que j’avais juste dit que ce jour-là j’avais trouvé que la tenue de Rihanna était un peu trop ample ».

Or c’était bien là le problème. Tout est bien qui finit bien, « Casta » a fini par écrire un mea culpa élogieux à la chanteuse dans le magazine Nouvel Obs, fin décembre dernier, regrettant une « malheureuse et maladroite "réflexion de mec", je l’avoue ».