VIDEO. Edouard Philippe et sa délégation se font un Tokyo-Paris pour 350.000 euros

LUXE D’après Matignon, les raisons de ce changement de vol onéreux ne concernent pas que le confort des passagers…

L.Gam. avec AFP

— 

Un Airbus A340, le 26 septembre 2017. Illustration.
Un Airbus A340, le 26 septembre 2017. Illustration. — PASCAL PAVANI / AFP

C’est ce qu’on appelle une note salée ! Pour la modique somme de 350.000 euros, Matignon a affrété un avion d’un loueur privé afin de permettre à Edouard Philippe de rentrer plus vite de sa visite en Nouvelle-Calédonie et d’éviter de terminer le voyage dans un avion de l’Etat jugé trop inconfortable, a-t-on appris mardi de source proche du dossier.

Venu en Nouvelle-Calédonie en vol commercial, le Premier ministre débute son voyage retour le 5 décembre dans l’A340 de l’armée de l’air mobilisé pour l’occasion, qui avait emmené une partie de sa délégation à l’aller. Mais lors de l’escale technique à Tokyo, Edouard Philippe descend de l’appareil avec sa délégation, dont plusieurs ministres, pour embarquer dans un autre gros-porteur, un A340 de luxe avec 100 sièges de type première classe, loué à l’entreprise spécialisée Aero Vision.

>> A lire aussi : Futur référendum en Nouvelle-Calédonie: Edouard Philippe présente sa méthode

Sollicité par l’AFP, Matignon a confirmé que « la délégation du Premier ministre, composée de 60 personnes, a fait le vol Tokyo-Paris sur un vol loué pour la somme de 350.000 euros, soit 6.000 euros par personne ».

De meilleures conditions de confort

Pourquoi le Premier ministre n’a-t-il pas terminé son vol sur l’A340 de l’armée, qui a redécollé de Tokyo pour Paris après une escale de deux heures ? Parce qu’au final, cet avion de location, qui s’est posé le 6 décembre à 7h30 à Orly, aura seulement permis au Premier ministre de gagner deux heures et de voyager dans de meilleures conditions de confort. L’avion de l’Etat s’est donc lui posé à 9h30 à Roissy, quasiment à vide.

Premier argument de Matignon : cet avion, assez ancien et sans sièges business, « ne sert pas en temps normal à transporter ni des autorités militaires ni des membres du gouvernement en long courrier et de nuit ». En l’absence de l’A330 présidentiel, il a été utilisé « exceptionnellement » par le Premier ministre entre Nouméa et Tokyo « justement pour faire des économies », plaide-t-on à Matignon.

>> A lire aussi : Ouragans Irma et Maria : Edouard Philippe en tournée aux Antilles deux mois après

Autre justification : les deux heures ont permis au Premier ministre de revenir « dans les temps impartis », alors qu’Emmanuel Macron s’apprêtait à décoller pour l’Algérie et qu’un Conseil de Défense était prévu à l’Elysée à 8 heures.

Même si la règle souffre de nombreuses exceptions, en l’absence du chef de l’Etat, le Premier ministre doit se trouver en métropole, rappelle Matignon. « Au total, le coût des vols pour ce déplacement ministériel a coûté 30 % moins cher pour l’Etat que le dernier voyage similaire en Nouvelle-Calédonie », celui de Manuel Valls en 2016, a encore souligné Matignon.