«ORTF», «brosse à reluire»... Politiques et journalistes critiquent le ton de l'interview d'Emmanuel Macron par Delahousse

ELYSEE Le ton du journaliste de France 2 a été jugé bien trop cordial…

D. D.

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Le journaliste français Laurent Delahousse le 1er septembre 2017 à Paris. (image d'illustration)
Le journaliste français Laurent Delahousse le 1er septembre 2017 à Paris. (image d'illustration) — Eric FEFERBERG

Les qualificatifs n’ont pas manqué sur la Toile pour décrire le style de Laurent Delahousse, dimanche soir. Emmanuel Macron a accordé une interview au journaliste de France 2 dans les salons du palais de l’Elysée.

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Réforme du Code du travail, guerre en Syrie, rôle de l’opposition : le chef de l’Etat a abordé de nombreux sujets sans faire d’annonce. Mais c’est surtout le ton de l’interview qui a retenu l’attention des commentateurs, qu’ils soient journalistes ou politiques.

« Le pire du journalisme français »

La forme d’abord : une déambulation dans les couloirs de l’Elysée, lumière tamisée, pouvait renforcer l’impression de complicité entre les deux hommes, d’après certains commentateurs. La nature et le ton des questions posées par Laurent Delahousse ont également fini de convaincre certains téléspectateurs du caractère peu inquisiteur de l’exercice. A commencer par un journaliste de Reuters, dont le message a beaucoup été partagé sur Twitter : « L’une des questions les plus percutantes de l’interview de Macron : "Voici le sapin de Noël dans la cour. C’est la fin de l’année, que voulez-vous dire aux Français ? – n’ayez pas peur". Le pire du journalisme français déférent », a-t-il ironisé.

D’autres journalistes ont vilipendé avec humour le ton des questions de Laurent Delahousse.

Jean-Jacques Bourdin, l’animateur vedette de RMC et BFMTV, et adepte des interviews en face-à-face, n’y est pas allé de main morte. « Monter ou descendre un escalier, c’est vrai que c’est un axe éditorial », a-t-il par exemple fustigé, arguant que lorsqu’on fait du journalisme, « celui qui est en face doit répondre à des questions précises ». « Oui, c’est vrai que Michel Drucker aurait mieux fait que Laurent Delahousse », a poursuivi le journaliste devant un collègue qui défendait l’exercice effectué par Macron.

Les insoumis vent debout contre le manque d’irrévérence

Le personnel politique d’opposition n’a lui pas hésité à signifier, de manière plus franche et à grand renfort d’ironie, son mécontentement devant le traitement réservé au chef de l’Etat. Le député insoumis Adrien Quatennens a par exemple salué « cette irrévérence caractéristique pour éclairer l’actualité face au monarque présidentiel ».

Certains hommes politiques ont vu dans l’exercice une « brosse à reluire ». Et un « petit parfum d’ORTF ».

Macron et Mélenchon pas logés à la même enseigne

La comparaison avec le traitement de Jean-Luc Mélenchon, selon ses soutiens, dans l’Emission politique le 4 décembre sur France 2, a aussi fait l’objet de commentaires.

Le député Front national Sébastien Chenu a quant à lui ironisé sur le fait qu’Emmanuel Macron aurait traité le service public de « honte ».