VIDEO. Popularité, climat, Daesh, réforme du travail... : Ce qu'il faut retenir de l'interview de Macron

ENTRETIEN PRESIDENTIEL Emmanuel Macron s’est présenté comme un président à la fois protecteur et déterminé à mener les réformes promises, dans un entretien diffusé dimanche sur France 2…

N.Sa avec AFP

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Capture d'écran de l'émission «19h, le dimanche», diffusée sur France 2 le 17 décembre 2017 avec pour invité spécial le président de la République Emmanuel Macron.
Capture d'écran de l'émission «19h, le dimanche», diffusée sur France 2 le 17 décembre 2017 avec pour invité spécial le président de la République Emmanuel Macron. — France TV
  • Dans l’émission «19h, le dimanche» diffusé dimanche sur France 2, le chef de l’Etat a donné une interview qui tenait plus d'une discussion à bâtons rompus avec le journaliste Laurent Delahousse, au cours d’une promenade dans l’Elysée.
  • Son ton tranquille contrastait avec la tension du premier grand entretien télévisé du quinquennat (15 octobre sur TF1) fort d’un bond de six points de sa cote de popularité dans les sondages.
  • Emmanuel Macron a abordé tous les sujets : du chômage au climat en passant par Daesh, l’audiovisuel public et son exercice du pouvoir.

Le président de la République est apparu plus confiant que jamais dans un entretien diffusé dimanche sur France 2, coïncidant avec une nette embellie dans les sondages

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« Sachez que je suis pleinement déterminé et à la tâche, chaque jour, chaque heure, pour faire tout ce que j’ai promis de faire », a déclaré aux Français Emmanuel Macron, dans cette interview enregistrée mardi soir, juste après le sommet sur le climat.

« Je fais ce que j’ai dit (…) ça fait peut-être longtemps que ce n’était pas arrivé »

« Je fais ce que j’ai dit. Ça étonne peut-être, ça en contrarie d’autres, ça fait peut-être longtemps que ce n’était pas arrivé », a déclaré le chef de l’Etat, pour justifier cette popularité. « Le leadership européen, international, je le tiens de mon peuple », a-t-il observé, estimant que « la France a stupéfié l’Europe et le monde » en choisissant d'« élire un président de 39 ans, un président qui n’avait aucun parti, que personne ne connaissait et qui sortait de nulle part ».

« J’essaie de faire au mieux, parfois j’y arrive tout de suite, parfois il y a des choses qu’on explique mal. Bon. Il faut reconnaître ses erreurs », a-t-il ajouté.
Promettant d’être « pleinement déterminé et à la tâche chaque jour, chaque heure », il a dit avoir conscience d’avoir « demandé des changements qui ont pu perturber (…), des choses qui pouvaient sembler non naturelles ». « J’espère les avoir assez expliquées, je les réexpliquerais si elles n’étaient pas claires, et s’il y a des erreurs qui ont été faites, je les corrigerai », a-t-il poursuivi..

La guerre contre Daesh en Syrie « sera gagnée d’ici mi, fin février » promet le président

« Le 9 décembre, le Premier ministre irakien (Haider al-Abadi) a annoncé la victoire face à Daesh et je pense que, d’ici mi, fin février, nous aurons gagné la guerre en Syrie », a déclaré Emmanuel Macron.

Le président a par ailleurs estimé qu’il « faudra parler » avec le président syrien Bachar al-Assad, dont le départ immédiat est réclamé par de nombreux opposants.
« Bachar est l’ennemi du peuple syrien. Mon ennemi, c’est Daesh », a souligné le président. « Bachar al-Assad sera là. Il sera là aussi car il est protégé par ceux qui, sur le terrain, ont gagné la guerre aussi, que ce soit l’Iran, la Russie, donc on ne peut pas dire qu’on ne veut pas parler avec lui ou ses représentants », a-t-il martelé.

Macron « pas sûr » que Trump doute vraiment du réchauffement de la planète

« Je ne suis pas sûr que (Donald Trump) soit convaincu par cet argument, que le réchauffement climatique n’existe pas », a déclaré le chef de l’Etat. « Le moteur de sa décision, c’est qu’il s’était engagé à sortir (de cet accord) pendant sa campagne, il considère que c’est ce qu’il doit à ses électeurs, ça, je ne peux que le respecter, c’est de la politique américaine », a-t-il analysé.

« La deuxième chose c’est qu’il considère profondément que ça détruit des emplois aux Etats-Unis, en particulier dans les Etats qui l’ont soutenu parce que ça détruit de l’emploi industriel classique, en particulier dans les métiers liés au charbon ». « C’est vrai que (la lutte contre le changement climatique) détruit des emplois, mais on va en recréer dans des secteurs beaucoup plus adaptés à nos objectifs », a expliqué le président français.
Emmanuel Macron a réuni mardi une soixantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, en l’absence notable du président américain, qui a sorti les Etats-Unis de l’Accord de Paris sur le climat. « Ma priorité, en France, en Europe, à l’international, ce sont les émissions de CO2 et le réchauffement climatique », a assuré le président français à Laurent Delahousse.

« Des résultats dans 5 ans » grâce à la réforme du travail

« Sur le sujet du chômage, j’ai pris mes responsabilités. J’ai fait tout de suite la réforme la plus importante qui avait été évitée en France depuis 20 ans », a assuré le président de la République, faisant référence à la réforme par ordonnances du code du travail.

« Les décisions que nous avons prises en début de quinquennat n’ont pas d’impact immédiat », a-t-il ajouté. « Cette réforme produira des résultats, c’est sûr. Dans les cinq ans. Mais après, je dis, il faut attendre deux ans pour qu’elle commence à avoir ses pleins effets, mais je ne suis pas là pour faire des pronostics, je suis là pour agir », a relevé le chef de l’Etat.

Il a également rappelé le lancement d’une réforme « très importante » et « complémentaire », celle de la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance chômage, qui conduira à des textes « votés au printemps » et « donc une application à l’été-automne 2018 ».
Fin octobre, Pôle emploi recensait sur ses listes 3,48 millions de personnes sans aucune activité.

Lancement en 2018 d’un « grand travail de réflexion » sur l’audiovisuel public

« Je souhaite que les acteurs de l’audiovisuel public eux-mêmes, les parlementaires, les professionnels du secteur puissent participer à un grand travail de réflexion qu’on doit faire en 2018 », a déclaré le président de la République sur France 2.
Pour Emmanuel Macron, alors que « les usages sont en train de changer », surtout chez les jeunes qui regardent beaucoup moins la télévision, l’audiovisuel public « n’a pas suivi ce changement, notre régulation non plus au demeurant ».

« L’audiovisuel public français, c’est de très loin, pour l’Etat, le premier budget de la culture, donc il y a de l’argent », a rappelé Emmanuel Macron. « Simplement, est-ce qu’on le met au bon endroit et est-ce qu’on a surtout l’organisation collective la plus pertinente ? », s’est-il interrogé. Les patrons de l’audiovisuel public doivent présenter des propositions communes à la ministre de la Culture Françoise Nyssen le 21 décembre. Cette dernière remettra ensuite ses recommandations à l’exécutif en janvier, en vue d’une décision en février ou mars.