«La droite et la gauche se regardent le nombril en se demandant ce qui s'est passé», rigole le Premier ministre Edouard Philippe

BOUM Pour Edouard Philippe, «la recomposition politique n’est pas achevée»…

20 Minutes avec AFP

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Le Premier ministre Edouard Philippe le 12 décembre 2017 à l'Assemblée nationale
Le Premier ministre Edouard Philippe le 12 décembre 2017 à l'Assemblée nationale — PDN/SIPA

Edit : Cet article publié ce samedi soir a été modifié car il comprenait une erreur dans la citation du Premier ministre : la gauche et la droite «se regardent le nombril» a déclaré Edouard Philippe et non «se regardent mourir» comme nous l'avions écrit.

« La recomposition politique n’est pas achevée, tout le monde n’est pas à destination, beaucoup ne se sentent pas à leur place », a estimé samedi le Premier ministre Édouard Philippe, en précisant que « ça (n’était) pas son cas », lors d’une intervention au congrès du MoDem.

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« Je vois la gauche et la droite nous regarder comme la poule regarde le couteau : ils se regardent le nombril en se demandant ce qui s’est passé », a considéré le chef de la majorité, selon qui « la gauche se gauchise, la droite se droitise, et pendant ce temps-là, nous avançons. »

Gauche + Droite = immobilisme

« La gauche nous trouve très à droite, la droite nous trouve très à gauche. Ces reproches s’annulent et, c’est pour nous, le plus beau des compliments », a-t-il poursuivi, en jugeant préférable « d 'être une force d’attraction plutôt qu’une force de répulsion. »

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« La gauche pense que les Français veulent plus de gauche, la droite pense qu’ils veulent plus de droite, laissons-les se poser la question longtemps, très longtemps », a-t-il encore ironisé.

Très largement applaudi par les quelque cinq cents congressistes, le Premier ministre a été présenté par François Bayrou comme « quelqu’un à la hauteur de la situation. »

L’enterrement de la binarité

Proche d’Alain Juppé et directeur général de l’UMP (devenue LR) à sa création en 2002, Édouard Philippe, qui succédait à cinq membres de son gouvernement à la tribune du congrès du MoDem, a reconnu au président du MoDem qu' « il avait vu avant d’autres que le vrai clivage était ailleurs » que dans la binarité gauche-droite.

« Gauche et droite disent que c’est bien dangereux une force centrale comme la nôtre qui s’élargirait car l’alternative serait aux extrêmes. Ils montrent leur impuissance à incarner eux-mêmes une alternative », a attaqué le Premier ministre, en estimant que « le vrai clivage, c’est entre l’élévation des consciences et la flatterie des bas instincts, ce réflexe populiste qui nous menace tous et que nous devons toujours écarter ».