VIDEO. Front national: Marine Le Pen assure qu'elle «n'arrête pas la politique»

POLITIQUE La présidente du FN encaisse les coups depuis le débat qu’elle a admis « raté » face à Emmanuel Macron et son échec au second tour…

20 Minutes avec AFP

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La députée Marine Le Pen, présidente du Front national, le 5 juillet 2017 à l'Assemblée nationale
La députée Marine Le Pen, présidente du Front national, le 5 juillet 2017 à l'Assemblée nationale — PDN/SIPA

Marine Le Pen sur le départ ? « Pas du tout », répond-elle. En difficulté depuis son échec à la présidentielle face à Emmanuel Macron, la présidente du FN a assuré mercredi soir qu’elle n’arrêtait pas la politique malgré une discrétion dans les médias ou à l’Assemblée qui suscite beaucoup d’interrogations jusque dans son camp.

Départ de son ancien bras droit Florian Philippot, défection d’un député, critiques d’élus proches, mise en examen de son parti pour emplois fictifs au Parlement européen, Marine Le Pen encaisse les coups depuis le débat qu’elle a admis « raté » face à Emmanuel Macron et son échec au second tour.

« Tant que mon pays aura besoin de moi, je serai là »

Pourtant elle a assuré lors du journal télévisé de TF1 qu’elle n’avait « pas du tout » l’intention d’arrêter la politique. « Tant que mon pays aura besoin de moi, je serai là », a-t-elle ajouté, dénonçant un « grand déclassement » de la France, conséquence des politiques menées par Emmanuel Macron et, avant lui, la droite et la gauche pendant 20 ans.

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« Elle a pu être déçue » après la présidentielle mais « je ne la sens pas du tout déprimée », affirme Sébastien Chenu, porte-parole du FN. N’a-t-elle pas « ri » au spectacle de l’humoriste Gaspard Proust ? Mais à l’Assemblée, « on ne voit pas beaucoup » la députée du Pas-de-Calais, « elle a l’air fatiguée », confiait il y a quelques semaines un député LR de la jeune garde. Peu présente à la commission des Affaires étrangères, elle s’est même trompée lundi d’amendement, avouant s’être « perdue dans ses documents ».

Marine Le Pen a pourtant engrangé au second tour de la présidentielle un nombre record de voix pour le FN (10,6 millions). Elle ne va donc pas livrer des batailles d’amendements, « elle est là pour porter une voix, elle n’est pas là pour ergoter », note Sébastien Chenu.

D'« atout majeur du FN » à « principal problème » ?

« Ce n’est pas la première fois qu’on n’entend plus le Front national », déjà très absent après la scission des partisans de Bruno Mégret en 1998, rappelle le sociologue Sylvain Crépon. Reste à savoir si la discrétion de Marine Le Pen « est une stratégie, un coup de déprime ou si elle va rebondir ».

La nouveauté, c’est que « la question du leadership est aujourd’hui posée dans son entourage », selon ce spécialiste du FN : « Marine Le Pen était l’atout majeur du FN et certains commencent à se demander en interne si ce n’est pas le principal problème ». « On a un leader dont l’image est écornée », admet un autre cadre frontiste.

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« Est-ce que Marine Le Pen est en capacité de redorer son blason et d’apparaître à nouveau comme une locomotive dans la perspective d’échéances nationales, ou est-ce que ce sera plus durable, ce qui poserait la question à terme du leadership ? », se demande-t-il.

« Difficile d’imaginer un autre nom que celui des Le Pen »

Sylvain Crépon ne voit pas pour autant « qui peut succéder à Madame Le Pen », seule candidate à sa succession à la tête du FN au congrès de mars, « car personne n’a le charisme ou la légitimité pour lui contester son leadership ». En outre, difficile d’imaginer un autre nom que celui des Le Pen, tellement « consubstantiel au parti ».

Or pour la première fois depuis la création du FN il y a 45 ans, la liste aux Européennes ne sera pas conduite par quelqu’un qui s’appelle Le Pen. Une révolution culturelle. Quant au parti lui-même, qui a « une histoire d’hétérogénéité idéologique très forte », va-t-il « refaire du Philippot ou faire pencher la balance à droite ? » se demande Joël Gombin, spécialiste du vote frontiste.

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Si le parti se droitise en se recentrant sur ses fondamentaux comme la sécurité et l’immigration, « est-ce que ça va aboutir à des alliances ou des luttes à mort ? C’est la question », note Sylvain Crépon.

Marine Le Pen a tendu la main en vain au nouveau patron des Républicains Laurent Wauquiez. Mais il s’agissait d’un « test de sincérité » pour elle. Mais « il faut se méfier des gens qui enterrent rapidement. Marine Le Pen en a sous le pied », estime Sébastien Chenu.

Le socle électoral du FN est aussi toujours là, il faut juste « qu’il puisse être mobilisé », selon Joël Gombin. Dans une enquête Ifop/JDD réalisée en octobre simulant une nouvelle élection présidentielle, 21,5 % des Français votaient encore pour Marine Le Pen, comme au premier tour de mai.