Remboursement des frais de mandat des députés: Le Foll se plaint de devoir garder ses justificatifs

TRANSPARENCE Le député de la Sarthe s’est agacé des nouvelles contraintes imposées aux parlementaires…

D. D.
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Stéphane Le Foll sur les bancs de l'Assemblée nationale le 14 novembre 2017.
Stéphane Le Foll sur les bancs de l'Assemblée nationale le 14 novembre 2017. — STEPHANE DE SAKUTIN

L’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll n’apprécie guère les nouvelles règles qui s’appliquent désormais au remboursement des frais de mandat des députés. Selon le bureau de l’Assemblée nationale, la plus haute instance collégiale de l’institution, chaque député est « tenu de justifier » ses dépenses.

A charge pour lui d’en « assurer la traçabilité par la tenue d’un état des dépenses ». Autrement dit, un député doit conserver ses justificatifs et tenir ses comptes, une corvée banale pour un citoyen ou une entreprise.

« J’ai mis ma carte et j’ai oublié de prendre le ticket »

Stéphane le Foll estime lui qu’il va devoir « être obligé de se trimballer » des justificatifs au quotidien.


Le survivant des groupes parlementaire PS de l’ère Hollande, invité de BFM Politique ce dimanche, a illustré son mécontentement d’une anecdote toute personnelle :

« Tout à l’heure, j’ai pris un café avant de venir à BFM, mon seul train arrivait une heure en avance. Même le cafetier m’a dit : "Faut pas oublier votre facture monsieur le ministre, vous avez vu maintenant, il faut vous justifier." J’ai dit : "Bah oui, donnez-moi la facture." »

Pour la « transparence » mais contre la « suspicion », Le Foll a insisté sur la difficulté pour un parlementaire de tenir trace de la dépense des 5.373 euros mensuels concernés. « Hier, je vais à Vire [dans le Calvados] dans un lycée agricole, une partie de l’autoroute est payante. 1,30 euro. J’ai mis ma carte et j’ai oublié de prendre le ticket », a encore expliqué celui qui pourrait briguer le poste de Premier secrétaire du Parti socialiste.

De l’enveloppe totale disponible pour un député, seuls 600 euros par mois pourront être dépensés sans factures. Le déontologue de l’Assemblée effectuera un « contrôle aléatoire » de 120 députés.