«Ni déni, ni repentance» mais «réconciliation des mémoires»: Macron défend sa position sur la colonisation

HISTOIRE «Ce qui compte, c'est notre avenir commun» a lancé le président...

Nicolas Raffin

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Emmanuel Macron au Palais de l'Elysée, le 2 décembre 2017.
Emmanuel Macron au Palais de l'Elysée, le 2 décembre 2017. — NICOLAS NICOLAS MESSYASZ/SIPA

Dans un entretien à la chaîne TraceTV diffusé dimanche, Emmanuel Macron a prôné une « réconciliation des mémoires » pour la colonisation. Interrogé à distance par une Française d’origine congolaise sur d’éventuelles mesures de « réparation », le président français, qui vient d’effectuer une tournée en Afrique de l’Ouest et s’apprête à aller en Algérie, a estimé que « la réparation est mémorielle ».

« C’est ce à quoi je tiens beaucoup. C’est-à-dire que dans la mémoire française, dans l’histoire de la France, comme dans l’histoire de l’Afrique, on doit parler de ces pages noires, comme des pages glorieuses », a ajouté le chef de l’Etat sur cette chaîne. En février dernier, il avait estimé que la colonisation était un « crime contre l'humanité ».

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« Je crois qu’il faut regarder de manière très dépassionnée cette période »

Il a cité en exemple le « Memorial ACTe » ouvert en 2015 en Guadeloupe (centre de mémoire sur la traite et l’esclavage) qui, selon Emmanuel Macron, « a permis de reconnaître la mémoire de l’esclavagisme, la place que cela a eu en particulier dans les territoires d’Outre-mer français mais aussi sur tout le continent africain ».

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« J’ai souvent dit : ni déni, ni repentance. Il faut regarder les choses en face, c’est notre histoire commune », a-t-il ajouté. « Je crois qu’il faut regarder de manière très dépassionnée cette période » et « un pays ne peut se construire lui-même et construire sa relation avec les diasporas, la jeunesse issue de l’immigration, s’il ne reconnaît pas cette part d’histoire qu’ils ont dans la République française et cette part de crime qu’il y a eu parfois contre leurs parents », a insisté le président.